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Petit in-4 (216 x 160 mm) imprimé à l’orientale, 6 ff. (dont le titre orné des armes royales), 474 pp., 1 p. n. ch. (colophon, aux armes de Savary de Brèves). Vélin souple, titre manuscrit au dos (Reliure de l’époque).
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Édition originale de cette adaptation des Psaumes en Arabe. L’un de deux seuls ouvrages de l’imprimerie arabe créée à Rome par François Savary de Brèves.
Cette édition comprend la traduction latine par deux Libanais du collège maronite, Victorio Scialac et Gabriele Sionita, de 151 psaumes et de 10 « laudationes » tirées de l’Ancien Testament, en regard du texte arabe d’origine. Le manuscrit de cette édition avait été rapporté de Jérusalem par Savary de Brèves.
Diplomate français, ambassadeur de France à Constantinople (1591-1605) puis à Rome (1607-1614), François Savary de Brèves fut l’un des plus célèbres orientalistes de son temps. Il créa à Rome la première imprimerie orientale française, la Typographia Savariana : développant des caractères arabes, persans et syriaques, en collaboration avec l’imprimeur Stefano Paolini (qui avait précédemment travaillé pour Raimondi), il réalisa la découpe et la fonte de ces élégants poinçons qui respectent les formes calligraphiques.
Ce psautier arabe-latin, avec la Doctrina christiana du Cardinal Bellarmin, sont les deux seules œuvres chrétiennes, imprimées par l’imprimerie arabe de Savary de Brèves à Rome, dans le but d’encourager la conversion des mahométans ; le premier ouvrage fut tiré à 3000 exemplaires, le deuxième à 500 ou 600 exemplaires.
« Gabriel Sionite et Victor Scialac expliquent dans leur préface pourquoi Brèves a créé une imprimerie arabe. Au cours des voyages qu’il a faits à partir de Constantinople, il a pris conscience de la misère spirituelle des chrétiens arabophones du Proche-Orient et une fois à Rome, il a créé une imprimerie pour leur fournir des livres chrétiens en arabe, « expurgés de leurs erreurs et de leurs fautes ». On ne s’étonnera donc pas que les deux collaborateurs de Brèves soient des Maronites et que la Doctrina christiana ait été imprimée « par ordre de Paul V » et qu’elle porte ses armes. Brèves, ambassadeur à Rome, nous apparaît donc comme un imprimeur orientaliste, mais un orientaliste chrétien et même ultramontain, puisqu’il diffuse la doctrine chrétienne romaine dans les Eglises d’Orient. » Ce livre, destiné aux orientalistes chrétiens en Europe, apparut vite comme un nouveau manuel de langue, pour ceux qui étudiaient l’arabe de la Bible : « En 1632, un arabisant français, Jean-Baptiste Duval, publiera à Paris un « Dictionarium latino-arabicum Davidis Regis », c’est un index du Psautier pour pouvoir traduire du latin en arabe » (Gérald Duverdier, Savary de Brèves et Ibrahim Müteferrika : deux drogmans culturels à l’origine de l’imprimerie turque. Bulletin du Bibliophile, n° 3, p. 323-324, 1987).
Rappelé en France, Brèves transforma sa « Typographia Savariana » en « Imprimerie des langues orientales arabique, turquesque, persique » : il imprima un ouvrage en turc et une grammaire arabe mais il ne put mener à bien son grand projet de créer à Paris un collège oriental. On sait que sa connaissance des langues orientales était telle qu’il fut même suspecté d’avoir embrassé non seulement les sciences mais aussi la religion musulmane.
Ses poinçons furent acquis auprès de ses héritiers par Antoine Vitré, puis la Bibliothèque royale les récupéra à la mort de cet éditeur en 1674.
Quelques taches, coutures lâches, petit trou p. 103, petites mouillures. Vélin sali.
Provenance : Ex-libris manuscrit du XIXe s., répété, « du Chasseint ».





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