VENDU
In-8 (220 x 140 mm) 100 pp, entièrement interfolié. Bradel de percaline beige, pièce de titre de maroquin vert, ‘A. Monnier’ manuscrit en tête (reliure de l’époque).
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Édition originale, seule publiée, de ce catalogue de vente de la Bibliothèque d’Adrienne Monnier. L’exemplaire de Louis Giraud-Badin, expert de la vente.
Libraire parisienne qui a su réinventer son métier, Adrienne Monnier ouvrit sa première librairie en 1915, et ne tarda pas à connaître le succès. Baptisée La Maison des Amis des Livres à partir de 1918, la boutique n’était pas qu’un endroit de négoce de livres, Monnier mis également en place un système de prêts pour aider les lecteurs les moins fortunés.
Petit à petit elle orienta son fonds vers les auteurs contemporains et contribua à la promotion de de toute une génération d’écrivains, non seulement en mettant en vente leur livres mais aussi en animant des soirées littéraires. Adrienne Monnier était l’archétype de la femme de lettres moderne. C’est notamment sous son égide, que certains écrivains comme Paul Valery, Jules Romains, Léon-Paul Fargue, Pierre Reverdy, Paul Claudel, Blaise Cendrars, ou encore Paul Léautaud devinrent des personnages incontournables de la scène littéraire parisienne.
Toujours animée par l’envie de faire connaitre une jeune génération d’auteur au public français, elle fonda la revue Le Navire d’argent en 1925. C’est cette entreprise qui la mena à accumuler trop de dettes et qui la contraignit à vendre ses livres.
Elle revient sur cet épisode dans une interview accordé à Geneviève Bonnefoi en 1951 : « Ce fut, hélas, une expérience malheureuse. Il n’eut que douze numéros et me laissa ruinée, obligée de vendre ma bibliothèque. ». (G. Bonnefoi, « Adrienne Monnier abandonne sa librairie mais ne quitte pas la rue de l’Odéon », Combat, 28 juin 1951, p.4.)
Monnier vendit sa bibliothèque à regret et l’annonce de la vente surprit le Paris littéraire de l’époque. Elle explique son choix à Charensol : « C’est pour conserver mon indépendance absolue que j’ai consenti à me séparer de mes livres. Ils sont pourtant ce que j’aime le mieux au monde et jamais je ne les ai tant aimés » (Charensol, « Pourquoi, Mademoiselle, vendez-vous vos livres ? », Les Nouvelles littéraires, 15 mai 1926, p.2.)
Ce même article souligne le soutien indéfectible de ses amis écrivains qui lui proposèrent même de nouvelles dédicaces.
La vente eut lieu les 14 et 15 mai 1926 et le catalogue fut établi par Monnier elle-même. Le succès fut modéré selon Le Bulletin du Bibliophile qui publia non seulement les résultats mais aussi un avis sur les adjudications. Cependant quelques pièces obtinrent des résultats remarquables dont le manuscrit de l’Anabase de Saint Léger (n°335) adjugé à 4000 francs probablement à la Comtesse de Fels ; La Ballade de la Geôle de Reading de Wilde partie à 2650 francs, et l’édition originale d’Ulysse de James Joyce avec envoi « To Adrienne Monnier » vendue 2490 francs.
Ce dernier est particulièrement important pour l’histoire littéraire. En effet c’est grâce à Adrienne Monnier mais surtout à sa compagne Sylvia Beach, dirigeante de la librairie Shakespeare and Co. que James Joyce réussit, après moult péripétie à publier l’édition originale d’Ulysse en 1922 à Paris.
Exemplaire étant celui de Giraud-Badin qui nous permet une plongée dans la vente elle-même.
Le catalogue contient plusieurs types de notes qui se situent à la fois sur les pages du catalogue imprimées et sur les feuillets interfoliés. Les notes au crayon à papier correspondent souvent au résultat de la vente, à la prise d’ordre en amont et à quelques noms d’adjudicataires.
Sur les feuillets interfoliés d’autres notes apparaissent au feutre bleu, ce sont les noms des acheteurs mais aussi parfois le code de Giraud-Badin.
Grâce à cet exemplaire nous connaissons le noms des acheteurs principaux: Lardanchet, Lambert, Millot, Mme Meeking, Chapin, Gradis, la Comtesse de Fels, Bloch, le Comte de Vasselot, G. Thomas, B. Harrison, Albert Henraux, Sanson, Monod, Davis, ou encore Blaizot.
Cet exemplaire condense l’esprit de la vie littéraire de Saint Germain des Près durant l’entre-deux guerre. Il témoigne du métier de libraire envisagé sous un double regard, non seulement grâce à la collection de Monnier mais aussi grâce aux notes de Giraud-Badin.
Pièce de titre frottée.





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