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In-12 (185 x 120 mm) de 364 pp et 2 ff.n.ch. (table et achevé d’imprimer) Broché, couverture imprimée, sous chemise et étui.
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Édition originale du second volume de la série des Communistes d’Aragon.
Cette deuxième partie de la fresque romanesque d’Aragon s’attarde sur les conséquences du Pacte germano-soviétique et la répression qui s’abat sur les militants du Parti communiste français.
Important envoi d’Aragon rédigé en anglais pour Katherine Dunham :
« To Katherine Dunham,
because she said so gently :
I cannot leave alone all
these nice folks waiting –
or something of the kind,
that day at the « Maison
de la Pensée » –
and because all great
things in the world are
like her dancing and
her smile. »
Aragon compose cet envoi au moment de la vente annuelle du Comité National des Écrivains du 22 octobre 1949 ayant lieu à la Maison de la Pensée. Aragon signe alors le deuxième volume des Communistes aidé par Katherine Dunham. La danseuse partage son stand et y vend les livres de l’auteur.
L’évènement fait grand bruit et est retranscrit dans divers journaux du temps, qui mettent le duo en avant :
« Aragon signait ses livres (1400 dans la journée) sans cesser de converser avec Katherine Dunham dans une langue qui tenait de l’anglais ». (P. Gr, Libération, 24 octobre 1949, p.4.)
Il semble que Dunham signe elle aussi l’œuvre d’Aragon, le journal Regards partage une photographie de l’évènement avec la légende « Katherine Dunham signait aux côtés d’Aragon dont la vente battit des records. » (27 octobre 1949, p.3-4).
« Ajoutons, pour compléter cette nouvelle sensationnelle, que Catherine [sic] Dunham y vendra les livres d’Aragon. On laisse à deviner quelle foule il y aura pour recueillir, sur le deuxième volume des Communistes qui sera mis en vente ce jours-là, la signature de la vedette noire à côté de celle du grand romancier. » (Ce Soir, 19 octobre 1949, p.1)
« A la vente du C.N.E., l’écrivain communiste Aragon se trouvait dans le même stand que Katherine Dunham. Ce qui donna à Jany Holt l’occasion de faire un bon mot: « Dommage qu’ils ne vendent pas du Stendhal. Parce qu’on pourrait dire : » Voici le rouge et la noire » ! » (Tessier, Carmen, France-Soir, 26 octobre 1949, p.2.).
Si bien d’autres écrivains et artistes sont présents ce jour-là, c’est sur le couple formé par Aragon et Dunham que toute l’attention se pose. Aragon vient d’être privé de ses droits civiques suite à la propagation de fausses nouvelles dans Ce Soir. Les apparitions de Dunham font quant à elles, toujours sensations, d’autant plus lorsqu’elles ne sont pas directement liées à ses ballets.
L’envoi d’Aragon constitue donc un touchant témoignage non seulement de cet évènement partagé mais également du respect et de l’amour du public français pour la danseuse.
Katherine Dunham est extrêmement aimé en France. Elle trouve en Europe un refuge à la ségrégation qu’elle subit aux États-Unis et qui la pousse à annuler certaines de ses représentations dans le Kentucky.
L’accueil est tout autre en France, ses « Rhapsodies caraïbes » conquièrent le public dès la fin de l’année 1948. En février 1949, le Palais de Chaillot lui offre l’occasion de sa réouverture après avoir été le siège de l’O.N.U. Ses spectacles sont attendus et leur réception majestueuse.
André Breton écrit une préface à ses ballets jouer en octobre 1949 au Théâtre de Paris. La scène critique et littéraire accueille donc à bras ouverts Katherine Dunham, non seulement en tant que danseuse mais aussi en tant qu’anthropologue. Plusieurs critiques demandent ardemment la traduction de sa Negro Anthology en français. (Lerminier, Georges, L’Aube, 27 octobre 1949, p.2)
C’est un amour que Katherine Dunham rend à la France en de multiples occasions. Après de multiples péripéties lors de sa tournée européennes de 1949, elle déclare à la presse :
« Paris c’est un peu la ville-fétiche. […] J’ai l’impression qu’elle ne peut jamais rien réserver de fâcheux ! » (Le Parisien libéré, 6 octobre 1949).
Elle et son mari John Pratt adoptent également une enfant française en 1949. Nommée Marie-Christine, le couple la recueille auprès d’un couvent de Fresnes.
Cet exemplaire cristallise donc un moment important dans la vie de Katherine Dunham qui résonne avec la scène artistique française. Il souligne l’affection des Français et d’Aragon, un franc défenseur de l’anticolonialisme, pour la danseuse et anthropologue américaine.
L’importance de cet exemplaire est double. Tout d’abord les envois à Katherine Dunham sont rares. Seuls deux sont répertoriés à la Southern Illinois University (inv FP-20-7-F1, box 54 et 105). En outre, Aragon n’écrit qu’exceptionnellement en anglais. Sa correspondance avec ses traductrices américaines Hannah Josephson et Sam Sloan comportent quelques lettres en anglais. Il rédige aussi une note en anglais dans les épreuves corrigées de son Traité du style en 1928 (vente Christie’s, Collection Daniel Filipacchi, 29 avril 2004, lot 27). Hormis ces occurrences, il n’existe pas à notre connaissance d’envoi d’Aragon en anglais. Ces dispositions font de notre volume un exemplaire extrêmement rare.
Provenance :
Katherine Dunham (ex-libris) et mention au crayon au papier « Hatian [?] Library ». Il pourrait s’agir d’une indication mentionnant la bibliothèque haïtienne de Katherine Dunham qu’elle fit construire à partir des années 1940 à Martisssant en Haïti.
Collection privée de Marc et Michèle Saporta
Restauration mineure au dos de l’exemplaire.





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