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In-folio (306 x 200 mm) 8 ff.n.ch. dont le beau titre gravé par Malleri, 1004 pp., 10 ff.n.ch. Veau marbré, dos à nerfs orné, tranches rouges (reliure du XVIIIe siècle).
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Tchemerzine, V, p. 817 ; Pritzel, 8630 ; Mortimer, French, 494 ; En Français dans le texte, 79 ; Simon, Bibl. Bacchica, II, 619 ; Vicaire, pp.788-789 ; Kress, 236 ; Baron de Gaujal, Étude historique sur le Rouergue, 1859, p.230-245 ; Vabre, Sylvie. “Le roquefort : un fromage unique”. Le sacre du roquefort, Presses universitaires François-Rabelais, 2015, p.75-113.
Édition originale du premier traité moderne d’agriculture. « Cette première édition est la plus belle de toutes » (Thiébaud). Elle est dédiée au roi Henry IV, dont Serres était le conseiller.
L’exemplaire de travail de Jean Despradels d’Allaret (1728-1809) avec sa signature manuscrite sur la page de titre, des manicules et de nombreuses notes de sa main.
Despradels nait à Millau, il fut propriétaire du domaine de la Rode. C’est un agronome éclairé et lettré. Il s’instruit grâce aux livres desquels il puisse une forte théorie de l’agriculture. Son exemplaire d’Olivier de Serres montre non seulement de nombreux passages soulignés, mais aussi grâce aux notes marginales, des comparaisons entre les grands ouvrages d’agriculture et de botanique. Ainsi, il fait référence aux lectures de Duhamel du Monceau (p.47, 80) Mathieu Tillet (p.47), ou encore du marquis de Turbilly (p.75). Il ne manque pas non plus d’apporter des précisions : « Olivier de Serres ne parle pas de la Niele ny du Charbon, voir les diverses expériences faites par Mr du Tillet et les préparations que conseillent Mr Duhamel, de Sutieves et luy pour préserver les blés de ses funestes maladies » (p.105).
Despradels met ses connaissances théoriques en pratique en introduisant sur ses terres et dans le pays des cultures nouvelles, en particulier le trèfles (ou esparcet) popularisé par Olivier de Serres et les pommes de terre (ou entrefegas).
De même dans son domaine de La Rode situé sur une haute montagne, et complètement privé d’eau courante, il met en place des prairies artificielles, il introduit alors le sainfoin, un fourrage nécessitant peu de profondeur de sol. Le 8 mars 1789, il est nommé député du Tiers-Etats de la ville et communauté de Millau.
Son exemplaire nous montre son attachement et sa connaissance de sa terre : « A Millau on peut commencer de semer le pré d’octobre, on doit avoir fini le 15 de 9bre en le pratiquant ainsi et en labourant tout de suite et avec rapidité, les jachères, on peut les avoir travaillées toutes avant les gelées qui n’arrivent ordinairement qu’en Xbre par cette diligence les terres sont fécondées par toutes les influences de l’hiver et le ménage met à profit les herbes de ces chaumes, d’abord pour les bœufs et muleys et lorsque ceux-ci y ont passé, pour les bêtes à laine. » p.92 ou encore « dans les païs froids on doit semer plutot [sic] que dans les païs chauds, dans le vallon de Millau le six semaine commencent le p° 8bre et finissement au 13 de 9bre. » (p.112)
Toutefois son érudition ne se limite pas à sa région, ses notes nous permettent d’avoir une plongée dans la pratique de l’agriculture du temps en France et dans d’autres partie du monde : « dans la partie du Dauphiné qui est sur le bord du Rhone, on fume les terres avec du lupins qu’on sème à la fin de juin ou au commencement de juillet […] Au lieu de Lupins on se sert en Bretagne et dans bien d’autre endroit de blé sarrasin que nous appelons millet noir » (p.100).
Lorsqu’Olivier de Serres mentionne le Cros, Despradels ajoute « cette méthode est encore en usage dans le Royaume de Naples, en Sicile, dans le levant et en Barbarie » p.136.
Olivier de Serres passe une grande partie de sa vie dans son domaine du Pradel à se consacrer à la culture de sa terre. Le Théâtre d’agriculture constitue le premier grand texte français d’agronomie dans lequel Serres y traite aussi bien de la terre, du défrichement et du drainage, du blé, du vin, du bétail, de la basse-cour, du jardin, de l’eau ou encore du bois, et de recettes domestiques.
Ce livre est à l’origine du développement des cultures nouvelles telles que le houblon, le maïs, la betterave, le mûrier et surtout la pomme de terre.
« Ce traité d’agriculture est le fruit des recherches entreprises par l’agronome sur sa propre exploitation à partir de 1559. L’aspect novateur du Théâtre tient au caractère scientifique de la démarche de son auteur qui, bien que connaissant l’apport des antiques et de ses contemporains, réalisa ses propres expérimentations. » (Frédéric Sichet, France Archives).
L’illustration est composée d’un beau frontispice gravé par Mallery. Il montre un arc avec le titre au milieu avec des petites vues laissant apparaître un paysage de campagne, surmonté d’une vue de jardin avec des parterres dans le style de Le Nôtre montrant le roi assis au milieu et entouré de trois personnes (Justice, Paix, et Labeur). Le titre mentionne « Olivier de Serres Seigner du Pradel », dans notre exemplaire corrigé en « Despradel », par Despradels, qui réalise alors une proximité avec son patronyme.
L’iconographie est complétée par 16 figures sur bois dans le texte et de huit bandeaux gravés sur bois en tête de chaque chapitre représentant des scènes de la vie champêtre. Les gravures sur bois font partie du Sixième Lieu concernant les jardins et représentent des carreaux ou compartiments de jardins célèbres comme les Tuileries, Saint-Germain-en-Laye ou encore Fontainebleu, de même que des plans pour l’établissement d’un jardin médicinal.
Trace de mouillure claire, défaut de papier p. 721/722 sans manque, dernier feuillet doublé de papier japon; reliure habilement restaurée.
Exemplaire d’un grand intérêt montrant comment un agronome du XVIIIe siècle s’empare des connaissances et les mets en pratique.





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