PAINLEVÉ Paul Sur les équations différentielles du premier ordre.

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Paris, Gauthier-Villlars & fils, 1888

3 plaquettes in-4 (265 x 218 mm), chacune de 4 pp.; 3pp.; 4 pp. Dérelié.

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DSB, X, 274-276 & et V, p.475-476 ; Condette, « Entre science et croyance : l’image du Nord chez les universitaires français sous la Troisième République », Revue du Nord, 2005, pp.401-422.

Édition originale. Exemplaire enrichi d’un envoi « A Monsieur Gosselet, membre correspondant de l’Institut. Très respectueux hommage, Paul Painlevé« .

Painlevé (1863-1933) envoie ses théories à son confrère géologue et paléontologue de l’université de Lille, Jules Gosselet (1832-1916) où ils sont tous les 2 professeurs.

Si les 2 disciplines dans lesquels les 2 scientifiques excellent sont quelque peu éloignées, c’est l’envie de bâtir une université puissante et rassemblant les connaissances en province, qui unie Painlevé et Gosselet. Ils souhaitent pouvoir rivaliser avec Paris, les professeurs démontrent une véritable envie de susciter des passions et proposer un niveau scientifique irréprochable.

Ce désir de contrer le centralisme est nécessairement impacter par les moyens mis à disposition de l’université. Gosselet est un fervent défenseur de l’université de Lille, il s’exprime en 1887 à ce sujet :  

« On doit donc chercher à créer en province de petits Paris intellectuels. Pour cela, il faut grouper les Facultés et les placer dans une grande ville. L’activité commerciale et industrielle qu’elles y trouvent, loin d’être un obstacle au travail, est au contraire un adjuvant » (Gosselet, « La question de Douai-Lille », Revue internationale de l’enseignement, 1887, t. 1, p. 149-157.)

Cet envoi s’inscrit donc dans une collégialité professorale, où les 2 hommes s’investissent pour le rayonnement de la ville de Lille.

Ce rêve de concurrencer Paris avait toutefois peu de chance d’aboutir, la capitale restant trop attractive et offrant plus d’opportunités aux scientifiques. Painlevé resta 5 ans à l’université de Lille, mais son doyen finit par déclarer en 1891:

« Monsieur Painlevé est évidemment destiné à un avenir très brillant et il est à craindre que nous ne le perdions bientôt. En me plaçant au point de vue des intérêts de la faculté et du monde universitaire de Lille, j’exprime le regret qu’il n’y ait aucun moyen de retenir en province, en leur faisant certains avantages, des jeunes gens d’une aussi grande valeur » (AD Nord, 2 T 432, dossier Paul Painlevé, rapport du doyen ; juin 1891.)

Il rejoignit Paris en 1892 et comptera Marie Curie  parmi ses nombreux élèves.

« Paul Painlevé a implicitement introduit la notion de feuilletage holomorphe singulier dans la première partie de ses “Leçons de Stockholm” lorsqu’il étudie les propriétés des ´équations différentielles algébriques du premier ordre F(y, y`, x) = 0 (spécialement dans les “Leçons 2 et 3”) » (Frank Loray, sur les Théorèmes I et II de Painlévé).

Bel ensemble de 3 pièces dérelié.

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