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In-8 (240 x 175 mm), 28 ff. n. ch., 284 pp., 1 f. n. ch. (épilogue, extrait du privilège). Maroquin vert émeraude, roulette et triple filet en encadrement, large dentelle, dos à nerfs orné, coupes filetées, encadrement intérieur, tranches dorées, étui de maroquin vert foncé (reliure anglaise dans le style des reliures XVIIe s., signée Francis Bedford).
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Rochambeau, n°1 – Absent de Desprès, Bibliographie des livres des Fables de La Fontaine illustrées. – Tchemerzine, III, p. 866.
Édition originale rare des six premiers livres des Fables, publiée en association avec Claude Barbin ; le privilège est daté du 6 juin 1667.
S’inspirant d’Ésope, de Phèdre et des fabulistes humanistes, La Fontaine renouvelle cette tradition grâce à la souplesse de ses vers, la finesse psychologique et la portée morale de ses récits. « Dans ces premières fables, charmes, saveurs, couleurs, vivacité, actualité, donnent un saisissant relief plastique (et mnémotechnique) aux vieux canevas « ésopiques », plus ou moins comiques, plus ou moins tragiques, mais qui, dans le choix qu’en a fait le poète, dessinent de la société contemporaine un portrait à facettes, comique, tendre, mais le plus souvent d’une singulière noirceur. » (Marc Fumaroli, Le Poète et le Roi. Fallois, 1997, p. 352).
La Fontaine complètera ces 124 premières fables — dédiées au Grand Dauphin — avec les livres VII à XI parus en 1678-1679, puis avec le livre XII en 1694.
Cette édition originale est ornée, en premier tirage, de 118 vignettes gravées en taille-douce par François Chauveau. Cette suite contribua largement au succès immédiat du recueil et fut réutilisée et complétée dans les éditions suivantes.
Alain-Marie Bassy, dans Les Fables de La Fontaine, quatre siècles d’illustration (Promodis, 1986, pp. 41-42), souligne les hésitations de Chauveau, entre tradition et modernité. « Aucun des animaux de Chauveau ne porte de vêtements ou d’attributs humains. Si ces gravures demeurent bien sur des points, nous le verrons, inspirées par un esprit bourgeois, elles ne côtoient à aucun moment le burlesque. (…) Chauveau, dans son illustration des Fables, a hérité de l’Italie le costume antique dont il habille les personnages humains de La Fontaine (…). Dans l’illustration des Fables, Chauveau s’est montré un « classique ». Le hiératisme des personnages, le refus des scènes violentes ou désordonnées, la présence constante de l’homme et de la mesure humaine au centre de l’univers, l’obligation qu’il s’est faite le plus souvent de respecter les unités de lieu et de temps, l’acharnement à ne pas remettre en question les catégories définitionnelles de la nature humaine devant l’espèce animale, et l’obéissance à des principes — naturel, raison et vérité — qui sont ceux mêmes du classicisme : ce sont là autant de traits significatifs. Que Chauveau ait refusé pour les Fables le goût italien de l’édition de Faërno ou de celle de la Mythologie prouve donc une chose : c’est qu’il lui apparaissait qu’une telle forme de goût était réservée à d’autres œuvres que celle du fabuliste, et qu’il faisait le départ entre un grand genre et un petit genre. Le grand genre, celui de la tragédie ou du poème héroïque, méritait toutes les pompes de l’art, c’est-à-dire proprement un art en majeur. Il semble que dès le départ il ait admis que les Fables se présentaient comme un genre en mineur, lyrique si l’on veut, mais qui, de toute façon, n’exigeait qu’un faible soutien aux élans de l’imagination ».
Provenance : Ex-libris moderne Jean Siegler – Jean A. Bonna.
F. Oii (Vie d’Ésope) cartonné, tel décrit dans Tchémerzine. Exemplaire lavé anciennement, avec discrètes restaurations marginales à plusieurs feuillets. Infimes frottements.





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