DÜRER Albrecht Sammelband of 3 works.

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Nuremberg, 1527, 1528 & 1538

Petit in-folio (298 x 195 mm) Peau de truie ornée à froid sur ais de bois, 4 coinçons et 1 bosse centrale métalliques sur chaque plat, 2 fermoirs intacts, dos à nerfs, tranches bleues (reliure germanique de la fin du XVIIe siècle).

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1.      Etliche underricht zur Befestigung der Stett, Schlosz, und Flecken. Nuremberg, [Hieronymus Andreä ?] octobre 1527. In-folio, 36 ff.n.ch. Collation : A-B6 C8 D-E6 F4 dont les dépliants pour : A4 (dépliant ajouté), B1 (dépliant), B3 (dépliant), C1 (dépliant), C3 (dépliant), C 5-6 (2 gravures sur bois à pleine page) D3 (dépliant) E1 (dépliant) E3 (dépliant) F1 (dépliant) F 2 (dépliant).

VD-16, D-2853 (Tirage conforme aux exemplaires digitalisés de la Bibliothèque Nationale d’Autriche ÖNB 72.D.-6 et de la Bayerische Staatsbibliothek Rar.2156 ; Fairfax-Murray, German, 151. Manque à Adams qui ne répertorie aucun édition de ce titre.

Seconde édition, publiée rapidement après la rarissime première sous la même date.

« Second edition, according to Dodgson, I p. 265 : « there is a very rare first edition [of the same date], briefly mentioned by Brunet, with numerous differences in the text, which contains the signed woodcut Bartsch 137 (the siege of a Fortress), see also Dodgson, who states that he had seen but one copy of the first edition that contained the woodcut, and had never heard of another.

 

2.      Underweysung der Messung mit dem Zirckel und Richtscheyt, in Linien undEbnen und gantzen Corpore. Nuremberg, Hieronymus Formschneyder, 1538. Petit in-folio 94 ff.n.ch. Collation : A-P6Q4. P3 (dépliant) P4 (becquet) P5 (becquet) Q3 (dépliant). 2 planches dépliantes et 2 becquets.

VD16, D-2858 ; Fairfax-Murray, German, 150. Pour la première édition de 1525 voir Adams, D-1057- PMM, 54 – Carter-Muir 153 – Vagnetti, EIIb7 ; Vitry, 240.

Un des plus beaux livres imprimés de la Renaissance allemande. Seconde édition (é.o. 1525) du célèbre traité de perspective d’Albrecht Dürer dédiée par son auteur au mécène Pirckheimer au verso de la page de titre.

Dürer en composa non seulement l’intégalité du texte mais il réalisa aussi toutes les illustrations et surveilla toute la mise en page de cet ouvrage capital.

Cette édition est remaniée par rapport à la première. Elle reprend une grande partie des illustrations mais contient ici pour la première fois l’illustration de l’instrument de perspective, inventé par Jacob de Keyser et utilisé par Dürer pour dessiner avec l’aide d’un autre outil – cette fois-ci inventé par lui-même: le perspectographe. Les deux outils sont illustrés dans cette édition (respectivement aux feuillets Q3r/v).

“Le perspectographe fut inventé à la Renaissance par Dürer (1471-1528), on l’appelle aussi la «fenêtre de Dürer». En effet, cet instrument, composé d’un cadre en bois et d’une vitre quadrillée, est semblable à une fenêtre. Le peintre place ce cadre devant la scène qu’ il veut représenter. Le peintre regarde la scène à travers un «oeilleton», bâton se finissant par un cercle de bois à travers lequel le peintre regarde en clignant d’un oeil. La vision du peintre est donc monoculaire (le peintre ne voit la scène que d’un oeil), ainsi, la perspective qu’ il dessine n’est pas tout à fait exacte… Deux siècles plus tard, Christopher Wren, Architecte anglais, reprendra le perspectographe de Dürer et lui apportera de notables perfectionnements. Cette machine est plus simple car elle ne demande ni de calque ni de transfert” («Le perspectographe: machine de précision» en ligne,2009, sur laperspective.canalblog.com).

« There are numerous woodcuts throughout, including geometrical diagrams, architectural figures, designs for roman and gothic alphabets, triumphal columns (dated 1525), &c., as well as four half-page cuts of draughtsmen using apparatus for drawing in perspective, the 2nd of these with monogram and date 1525; the two latter appear in this edition for the first time. They are on Q3vo., and, with that on recto, are considerably wider (215 mm.) than the others in the book, and are in consequence folded on the fore-edge” (Fairfax-Murray).

Le volume est divisé en quatre livres : le premier, consacré aux lignes, traite de la genèse des courbes ; le second, consacré aux surfaces, se penche sur la construction des polygones et s’attaque aux grands problèmes mathématiques de l’Antiquités que sont la trisection de l’angle et la quadrature du cercle ; les troisième et quatrième livres sont quant à eux consacrés aux solides, réguliers et semi-réguliers, et enseignent la construction de colonnes et monuments. L’ouvrage se conclue par une brève ouverture sur la perspective, mise en lumière par le perspectographe auquel Dürer laissera son nom (la fameuse « fenêtre de Dürer »), permettant le tracé d’une vue en perspective à l’aide d’un appareillage simple à oeilleton.

Érasme est l’un des premiers, en 1528 dans son De recta Latini Graecique sermonis pronuntiatione, à signaler publiquement l’existence « d’un livre d’Albert Dürer, écrit, il est vrai, en allemand, mais d’une érudition admirable ». A travers cette mention puis grâce à la traduction latine qu’en fit l’humaniste Joachim Camerarius en 1532, la Underweysung impacta les savants de l’Europe à la Chine ; citons à cet égard, entre autre noms, ceux du jeune Galileo Galilei, de Tycho Brahé, Johannes Kepler, Simon Stevin, Christoph Clavius ou celui de Geoffroy Tory qui pris connaissance du tracé des lettres latines de Dürer et commença son célèbre Champfleury, ou l’Art et Science de la proportion des lettres par un hommage au peintre allemand.

« This book was the first of the theoretical writings on art which Albrecht Dürer composed towards the end of his life. Its immediate object was to explain the application of practical geometry to drawing and painting and to teach the principles of perspective. These methods were to be applied architecture, painting, lettering (Dürer designed both Roman and Gothic letters) and ornamental forms in general, and his book is therefore addressed not only to artists but also to sculptors, architects, goldsmiths, stonemasons and other craftsmen… Dürer’s work first presented to northern Europe the completely new attitude to artistic creation which had crystalized in Italy during the Renaissance » (PMM).

“The Underweysung der Messung was published by Dürer himself in Nuremberg in 1525, and represented the fruits of mathematical endeavors which can be dated back to at least 1508. As a treatise on geometry in the German vernacular – which is in itself remarkable, though not unique – it was aimed at all those professions whose skills are (or should be) underpinned by techniques of precise mensuration… The Underweysung… is divided into four books, following a broadly Euclidian progression” (Kemp).

 

3.      Hjerin sind begriffen vier Bücher von menschlicher Proportion. Nuremberg, Hieronymus Formschneider, 31 oct. 1528. Petit in-folio, 130 ff.n.ch. Collation : A-M6 N4 O4 P-R6 S6 T4 V-X6 Y4 Z6. O2 (dépliant) S1 (dépliant) S4 (dépliant) S5 (dépliant) Y 3 (dépliant). 5 planches dépliantes (S1 seulement très légèrement).

 

VD-16, D-2859 ; voir Fairfax-Murray, German, 152 (seulement la traduction latine de 1532) ; Choulant-Frank, pp. 141-147 ; Garrison-Morton 149 ; Meder p. 288 ; Norman, 666 (exemplaire incomplet; Albrecht Durer : das druckgraphische Werk, vol III (2001), pp.319-473.

Édition originale du traité de Dürer sur la géométrie du corps humain.

Les « Quatre livres sur les proportions humaines » de Dürer codifient son approche de la représentation figurative : à l’aide de plus de 140 études en pied d’hommes, de femmes et d’enfants, ainsi que de quelque 35 vignettes supplémentaires représentant des têtes, des mains, des bras et des pieds, il élucide la géométrie fondamentale à laquelle la forme humaine peut être réduite. Dürer soutenait que l’essence de la forme véritable était la figure mathématique primaire (par exemple, la ligne droite, le cercle, la courbe, la section conique) construite arithmétiquement ou géométriquement, et rendue belle par l’application d’un canon de proportion. Cependant, il était également convaincu que la beauté de la forme était une qualité relative et non absolue ; ainsi, le but de son système d’anthropométrie était de fournir à l’artiste les moyens de délimiter, sur la base de mesures pures, tous les types possibles de figures humaines.

L’ensemble de l’ouvrage est abondamment illustré de diagrammes figuratifs gravés sur bois par Dürer. Choulant affirme que ceux-ci comprennent « the first attempts to represent shades and shadows in wood engraving by means of cross-hatching” (Norman)

“The later sections of his Vier Bücher von menschlicher Proportion (Four Books on Human Proportion), which seems to have been complete by 1523 but was only published posthumously in 1528, are devoted to the stereometry of the body as it moves in space. His starting-point is again similar to that of Piero, or perhaps in this instance even closer to Leonardo. In this relatively early scheme, the basic technique of planar transformation of a human head appears to have suggested its subsequent description in transparent sections as a kind of stereometric cage. This was later developed by Dürer into a technique in which three-dimensional portions of the human body are inscribed within geometrical solids, rather like joints of meat frozen in blocks of ice. These basic blocks can be utilised to describe the jointed motions of the human figure and can be tilted in different planes as required” (Kemp, p. 56).

Magnifique exemplaire. Pour tous les textes, les feuillets dépliants ont été pliées d’une manière différente par rapport à la structure de la première reliure laissant apparaitre des pliures et points de couture au milieu avec quelques petites restaurations anciennes.

Très beau recueil réunissant les 3 livres majeurs d’Albrecht Dürer.

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