DANTE [La Divine Comédie]. Dante col sito, et forma dell’Inferno.

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[Venise], Alessandro Paganini, ca. 1516

In-24 (95 x 50 mm) de 202 ff.ch., 2 ff.n.ch. avec 4 bois dont un à double page (enfer). Demi-veau brun, dos lisse orné de filets, chaînettes et rosettes dorées, plats recouverts de papier marbré, petits coins de vélin (reliure du début du XIXe siècle).

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Mambelli, 26 : « Rara ed. » ; Brunet, II, 502 ; Sander, 2323 ; Essling, 540 ; voir aussi le catalogue de l’exposition « Alessandro Paganini tipografo a Toscolano (1517-1538) », Toscolano, Fondazione Valle delle Cartiere, 2008, p. 43, n° 36, et P.M.M., 8 (pour l’édition de Florence 1481).

Édition très rare de la Divine comédie, la première de très petit format.

Cette petite merveille typographique sort des presses d’Alessandro Paganini, illustre imprimeur italien à qui l’on doit l’invention de la notion de collection éditoriale, c’est-à-dire d’ouvrages conçus dans le même format et avec la même présentation typographique.

L’ouvrage a été imprimé en caractères minuscules, italiques et semi-gothiques, dessinés et fondus par Paganini lui-même. Il en existe deux tirages, l’un paginé en chiffres arabes – c’est le cas de notre exemplaire –, l’autre en chiffres romains.

La courte dédicace latine de l’imprimeur au cardinal Giulio de’ Medici, futur Clément VII, nous apprend que le De remediis de Pétrarque dédié par Paganini à Léon X le 30 novembre 1515 – imprimé dans le même format et avec les mêmes types – avait paru peu de temps avant ce « dantino », qui a sans doute été publié au début de l’année 1516.

L’ouvrage est illustré de quatre jolis bois gravés occupant les trois derniers feuillets : un plan de l’enfer sur double page, et trois schémas des péchés et des punitions correspondantes dont on attribue l’invention à l’humaniste Pietro Bembo (1470-1547). Le plan de l’enfer est signé des initiales I.A., sans doute Iohannes Andrea, ce qui permet d’attribuer ce bois à Giovanni Andrea Vavassore, célèbre graveur et imprimeur vénitien qui, au début du XVIe siècle, passa de la réalisation de cartes géographiques à l’imprimerie, domaine dans lequel il s’illustra jusqu’en 1573.

« The remarkable distinguishing characteristic of Paganini’s first collection was their small format. In fact, the 1515 edition of Dante in the very compact 24mo is unique among editions of Dante in the Renaissance. It was part of a series begun in the same year which included Petrarch’s Rime, Jacopo Sannazaro’s Arcadia and Pietro Bembo’s Neoplatonic love dialogue, Gli Asolani. This editorial program can be considered an elaboration on Aldus’ innovations at the beginning of the century, both for the small format and for the elegant characters which are midway between italic and roman. The choice of works also follows Aldus. Their intended courtly audience is clearly indicated by the persons to whom the individual titles are dedicated, embracing some of the most prominent figures of the Italian High Renaissance courtly society, including Isabella d’Este, Giovanni Aurelio Augurello, and Pietro Bembo » (cf. « Renaissance Dante in Print », cat. d’exposition en ligne).

Alessandro Paganini et son père se transférèrent ensuite de Venise à Toscolano – la Benacum des Romains, sur les rives du lac de Garde –, où ils exercèrent l’art typographique entre 1519 et 1538. Ils y imprimèrent notamment une autre édition de Dante, de format in-8. Le Dante de Paganini se rencontre généralement en état très moyen et dans des reliures tardives. Notre exemplaire, sobrement relié au début du XIXe siècle, présente quelques taches et rousseurs sans gravité. Suite à une erreur d’imposition, le couteau du relieur a effleuré les premières lettres du texte imprimé au verso du feuillet 201, et la marge intérieure du premier et du dernier feuillet a été renforcée. Le plan de l’enfer est un peu court de marges, comme toujours.

Quelques annotations et soulignages anciennes à la plume.

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