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2 parties en un volume in-4 (219 x 135 mm), 70 ff.n. ch., a-h8, i6 (les ff. E7 et E8 sont blancs), 36 lignes par page (plus la ligne de titre), caractères italiques, marque d’Alde sous le titre au recto du premier feuillet et au verso du dernier feuillet. Maroquin vénitien bordeaux, double encadrement de filets à froid (huit puis quatre), feuille aldine dorée aux angles du cadre intérieur, nœud losangé doré au centre (4 passants par côté), dos à trois nerfs orné de filets croisés à froid, étiquette en tête du dos avec titre manuscrit, tranches dorées, 4 trous de liens de soie verte (reliure vénitienne de l’époque), boîte à rabat du XXe s. en percaline rose.
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Adams A633 ; Brunet I, 153 ; Renouard, Alde, 1834, p. 95, n° 6.
Édition originale du célèbre dialogue philosophique d’Alcionio sur l’exil. Élégante reliure vénitienne attribuable au “Mendoza binder”.
Alcionio (1487-1527), protégé de Giulio de Medici, obtint grâce à lui une chaire de grec à Florence, puis le suivit à Rome lorsque Giulio devint pape.
De exsilio est un dialogue en deux livres, situé en 1512, où interviennent Giovanni de Medici (alors légat pontifical, futur pape Léon X), Giulio de Medici (futur Clément VII) et Lorenzo de Medici, futur duc d’Urbino. Le livre est dédié au cardinal Nikolaus von Schönberg, archevêque de Capoue et proche de Giulio, qui se trouvait à Florence en 1522, temporairement éloigné de la curie romaine.
Le dialogue, imaginaire, s’appuie sur de nombreux exemples tirés de l’Antiquité pour montrer que l’exil peut aussi avoir des aspects positifs et formateurs.
« On sait que son auteur est accusé d’avoir mis à contribution le traité De Gloria de Cicéron, puis d’en avoir ensuite détruit le manuscrit (…). Au reste, cette accusation est le plus bel éloge que l’on ait pu faire de l’ouvrage d’Alcyonius. » (Renouard, Alde, 1834, p. 95, n° 6).
Par l’usage conjoint des filets à froid, de la petite feuille de lierre et du nœud doré, on peut rapprocher cette reliure de celles de “Mendoza binder”, aujourd’hui reconnu comme l’atelier de Andrea di Lorenzo, actif à Venise vers 1530 pendant une trentaine d’années. Situé dans la paroisse de San Fantin, le “Mendoza binder” travailla étroitement avec la librairie aldine établie dans la Merceria, artère commerçante centrale de Venise, et nombre de ses reliures habillent des éditions aldines. Ce nom provient des nombreuses reliures réalisées par cet atelier pour la bibliothèque de Diego Hurtado de Mendoza (1506-1575), ambassadeur d’Espagne à Rome et grand bibliophile.
“Diego Hurtado de Mendoza (1506-75) was a man of many talents, a fluent Latinist, an excellent Greek scholar, a student of Arabic (a language perhaps learned from the Morisco villagers of the family estates south of Granada), a vernacular poet and historian, a soldier, diplomat and statesman. As Spanish ambassador in Venice from 1539 to 1546 he set out to form a Greek collection to rival the library that Francis I’s agents were assembling in the palace of Fontainebleau. The Greek manuscripts, of which there were more than 250, and a selection of the printed books were decorated with plaquettes. Seventy-five such bindings survive of an original total before the Escorial fire of 1671 of probably more than three hundred.” (Hobson, Humanists and bookbinders, p. 120).
Ce décor est proche de celui qualifié de “style simple” par Hobson (Renaissance book collecting, Jean Grolier and Diego Hurtado de Mendoza, their books and bindings, Appendice 5 et fig. 45).
On retrouve également un décor proche des reliure du “Mendoza Binder” décrites par M. Foot, dans The Henry Davis Gift, a collection of bookbindings, III (2010) : n° 261, Aullius Gelius, 1515 ; n° 262, Ciceron. 1523 ; voir également n° 301 — également dans Tammaro De Marinis, La legatura artistica in Italia nei secoli XV & XVI, II, pl. 1623.
Petite tache d’encre au f. Biiii, trace rousse dans la marge inférieure des ff. avi à bi, déchirure marginale restaurée au f. Iiii. Reliure tachée, coiffes manquantes, petite fente en bas du dos, trous de vers, accroc à un nerf.
Provenances : Collection florentine de Tammaro De Marinis (1878-1969), cité sous le n° 1762 de son ouvrage de référence La legatura artistica in Italia nei secoli XV & XVI, II, p. 91 ; Thomas Kimbal Brooker (ex-libris volant), n° 108 de la vente Sotheby’s du 12 oct. 2023 [Bibliotheca Brookeriana : A Renaissance Library. The Aldine Collection A–C] Il l’avait acquis chez Martin Breslauer Inc., New York, 1976.





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