VASARI Giorgio Le Vite de’ piu eccellenti Pittori, Scultori, et Architettori, Scritte, & di nuovo Ampliate da M. Giorgio Vasari Pit. et Archit. Aretino. Co’ ritratti loro et con le nuove vite dal 1550. insino al 1567.

VENDU

Florence, Giunti, 1568

3 parties en 3 volumes in-4 (234 x 158 mm) de 28 ff.n.ch. (y compris le titre gravé et le portrait de Vasari) et 523 pp. mal ch. 529 pour le premier volume (première et deuxième parties) ; 20 ff.n.ch. (y compris le titre gravé), 370 pp. et 1 f.n.ch. (errata, registre et marque typographique) pour le deuxième volume (troisième partie, tome I) ; 42 ff.n.ch. (y compris le titre gravé), pp. 371 à 974 mal ch. 1012, 2 ff.n.ch. (errata, registre et vignette) pour le troisième volume (troisième partie, tome II). Maroquin rouge, dos à nerfs, compartiments ornés de fleurons et petits fers, plats ornés d’un double encadrement de filets et fines dentelles, armes frappées au centre, dentelle intérieure roulette sur les coupes, tranches dorées (reliure du XVIIe siècle).

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L’exemplaire d’Adélaïde Suzanne de Vismes

Mortimer (French), II, 515 ; Julius von Schlosser, La Littérature artistique, Paris, 1984, pp. 309 et suiv. ; Brunet, V, 1096 & Suppl., II, 845 ; Cicognara, I, 2391 ; PMM, 88 ; de Diesbach, Bibliothèque Jean Bonna, le XVIe siècle, 353.

Première édition illustrée, deuxième édition du texte considérablement augmentée. La première histoire de l’art occidental, et l’un des grands livres de la Renaissance.

La mouture originelle des Vite, publiée à Florence par Lorenzo Torrentino en 1550, qui comportait trois parties formant deux volumes, ne traitait que des artistes morts – à l’exception de Michel-Ange, idolâtré par Vasari et ses pairs –, et en tout cas de ceux-là seuls dont l’évolution était achevée et dont on pouvait avoir une vue d’ensemble. Il fallut attendre dix-huit ans pour voir paraître la nouvelle édition, corrigée et augmentée par l’auteur.

« Entre-temps, Vasari avait beaucoup lu et beaucoup appris ; il avait visité des régions qu’il ne connaissait pas, ou bien qu’il avait vues superficiellement (Assise, l’Italie du Nord). Il est indéniable qu’elle apporte beaucoup d’améliorations, bien des négligences , des méprises ont été éliminées… De nouvelles sources se sont ouvertes à lui, surtout les portraits ; grâce à ses activités au Palazzo Vecchio, les portraits de l’élite intellectuelle des Médicis lui étaient devenus familiers ; à présent, il orne son œuvre de portrait d’artistes dessinés par lui et ses élèves et il donne ainsi un modèle à ses successeurs…. Ses matériaux se sont considérablement accrus, la seconde édition le montre, ne serait-ce que par ses dimensions ; un grand nombre de biographies nouvelles sont venues s’y ajouter (trente-quatre rien que pour le XVIe siècle !), et surtout il est tenu compte d’artistes vivants dans un volumineux appendice spécial… A côté des portraits déjà mentionnés, on voit apparaître une nouvelle source : les dessins ; la collection personnelle de Vasari, le Libro souvent mentionné apparaissent cités ici pour la première fois. Vasari qui se sent maintenant, et à bon droit, homme de lettres reconnu, s’efforce d’améliorer son style et son exposé… » (Schlosser).

Les pièces liminaires comportent – outre les tables des matières, des portraits et des lieux –, une épitre à Cosimo de’ Medici, une introduction à la nouvelle édition, une dédicace de Vasari « a gli artefici del disegno », et une très longue lettre de l’historien florentin Giovanni Battista Adriani (v. 1511-1579) sur les arts antiques, propre à cette édition.

La remarquable et très riche illustration gravée sur bois, ici en premier tirage, est l’un des principaux attraits des Vite de 1568. Elle se compose de 3 titres avec encadrements architecturaux – le premier entourant un bois allégorique montrant le réveil des âmes des artistes morts (répété à la fin du dernier volume), les deux autres ornés des armes des Médicis –, d’un portrait de Vasari avec un encadrement allégorique et une petite vue de Florence, et de 144 portraits légendés gravés d’après les dessins de l’auteur ou de ses élèves, placés dans des bordures emblématiques et intercalés dans le texte. Des initiales historiées, des bandeaux et des frises complètent l’ornementation.

Il existe de légères variantes de tirage pour ces trois volumes. Notre exemplaire comporte les particularités décrites par Ruth Mortimer : le titre du tome I, dont le verso est blanc, ne comporte pas les armes des Médicis mais le bois allégorique décrit plus haut ; la légende du portrait de Girolamo Genga (t. III, p. 503) est corrigée par un cancel appliqué à l’époque.

Superbe exemplaire, grand de marges, dans une élégante reliure italienne en maroquin rouge réalisée au XVIIe siècle. Il a appartenu à Adélaïde Suzanne de Vismes (1753-1832), poétesse et dame de lit de la reine Marie-Antoinette, qui avait épousé le compositeur Jean-Benjamin de Laborde (1734-1794), valet de chambre et favori de Louis XV, puis fermier général. Il était le fils du financier Jean-François de Laborde (1691-1769), à qui cet exemplaires des Vite a peut-être appartenu. Les premiers contreplats de chaque volume portent l’ex-libris d’Adélaïde de Laborde finement gravé sur métal en lettres anglaises : « Bibliotheque de Madame de la Borde ». Ces volumes passent ensuite dans la bibliothèque de John Gardiner Kinnear (1794-1865), financier écossais qui travailla d’abord dans la firme familiale – elle fit faillite en 1833 – puis chez Watson and Co, marchands à Glasgow, ville où il occupa le poste de secrétaire de la chambre de commerce. Après avoir acquis le Vasari de Madame de Laborde, Kinnear fit frapper ses armes de petit format au centre des plats.

Quelques rousseurs, pâles et éparses ; les titres, imprimés à part et d’une justification plus large que celle des cahiers de texte, sont comme toujours un peu courts, moins cependant que dans la plupart des exemplaires connus, où la partie inférieure des encadrements a été largement entamée par le couteau du relieur.

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