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3 volumes (201 x 123 mm) d’un titre gravé, 10 ff.n.ch., 562 pp., 10 ff.n.ch. (table, errata, colophon) pour le volume I ; d’un titre gravé et 234 planches pour le volumes II et d’un titre gravé et des planches 235 à 451 pour le volume III. Veau porphyre tacheté, triple filet d’encadrement sur les plats, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin rouge et de tomaison en maroquin noire, tranches dorées, roulettes intérieures (reliure de l’époque).
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Hunt, 392 ; Pritzel 9423 ; Nissen 1976.
Édition originale.
Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708), né à Aix-en-Provence, est l’un des plus éminents botanistes du XVIIème siècle. Grands précurseur de Linné, il se consacra à la botanique à partir de 1677, et, herborisant en Haute-Provence, commença de se constituer un herbier qu’il enrichirait toute sa vie. Il poursuivit cette activité en Dauphiné, en Savoie, à Montpellier (où il étudia à la faculté de Médecine), dans les Pyrénées, en Espagne, au Portugal, en Angleterre et aux Pays-Bas. Sa réputation grandit à tel point qu’il eut bientôt des élèves et fut choisi par Fagon, médecin de Louis XIV, pour lui succéder au Jardin du roi en 1683.
Dans cet ouvrage capital, Tournefort proposa une des premières méthodes de classification systématique (et non subjective comme auparavant), à deux niveaux : le genre d’après la fleur et le fruit, il en détermina 22 genres différents et enfin l’espèce d’après les fleurs (principalement la corolle), les feuilles, les racines, les tiges et la saveur, pour laquelle il definit 700 espèces. Cette méthode, qui permit de classer plus de 8000 spécimens, se répandit dans toute l’Europe et ne fut remplacée que par celle de Linné, qui rendit hommage à ses efforts de clarté et de précision.
En 1701, il fut chargé par Louis XIV d’effectuer un voyage scientifique dans le Levant afin d’y rechercher « des plantes, et des métaux et minéraux, de s’y instruire des maladies de ces pays et des remèdes qui sont en usage et de tout ce qui regarde la médecine et l’histoire naturelle ». Rentré deux ans plus tard, il rapporta une immense collection botanique de plusieurs milliers de plantes. Cette riche moisson lui permit de rédiger un supplément à ses Institutiones, illustré de 13 nouvelles planches et ajoutée à l’édition posthume de 1717.
L’ouvrage est illustré 451 planches dessinées par Claude Aubriet. Peintre d’animaux et de fleurs, Claude Aubriet (1651-1742) fut nommé peintre du Cabinet et du Jardin du roi en 1700 suite à cette publication. Il accompagna Tournefort dans son voyage en Asie mineure (1700-1702), dessinant ce que le naturaliste découvrait, et donna également des planches pour le Botanicon parisiense de Sébastien Vaillant (1727).
Tournefort mourut prématurément dans un accident à 52 ans en laissant derrière lui une empreinte indélébile sur la science botanique. Bernard de Fontenelle, dans son éloge posthume, affirme que Tournefort a mis de l’ordre dans la « confusion magnifique » de la nature. En outre, si son système fut abandonné au profit de celui de Carl von Linné, sa classification fonda la réflexion sur la nomenclature binominale du botaniste suédois.
Les volumes comportent également 3 titre gravés par Cornelus Vermeulen représentant le Jardin du roi.
Cahier Ff du volume I relié dans le désordre. Planche 197 du volume II partiellement colorisée, planche 447 du vol III avec une légère déchirure.
Ex-libris manuscrit partiellement effacé sur les titres gravés des 3 volumes. [Ioannis Ludovici Grignon ?] – François Chrétien (ex-libris).
Très bel exemplaire de ce monument de la botanique, comportant bien les 451 planches requises.





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