RODRIGUEZ Manuel El Marañon, y Amazonas. Historia de los descubrimientos, entradas, y reduccion de naciones…

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Madrid, Antonio Gonçalez de Reyes, 1684

In-folio (195 x 285 mm), 12 ff. n. ch. (dont faux-titre et titre), 444 pp., 12 ff. n ch. (Compendio historial), 4 ff. n. ch. (Sommaire). Veau brun moucheté, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges, gardes neuves (Exemplaire replacé dans sa reliure de l’époque).

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Borba de Moraes, II, pp. 743-4 ; Brunet IV, 1349 : « Ouvrage estimé et dont les exemplaires sont rares » ; Palau 273201 ; Sabin 72524 ; Sommervogel, VI, col. 1965 ; Medina, Biblioteca hispano-americana, III, 1771.

Édition originale rare de l’un des plus importants récits sur la découverte de la région du fleuve Marañón et de ses peuples autochtones.

Le père Manuel Rodríguez, jésuite né en 1633 (selon les sources soit en Espagne soit en Colombie – Nouvelle-Grenade) et mort à Valladolid en 1701, dédie son récit à Jerónimo Baca de Vega, gouverneur de la province de Maynas au Pérou 

Composé en six livres, l’ouvrage compile relations, rapports missionnaires et chroniques antérieures, et intégrant des informations de première main, retrace la découverte et l’exploration des nations de l’Amazone.

Le récit s’ouvre sur l’expédition de Francisco de Orellana, qui, en 1542, descendit pour la première fois l’intégralité du grand fleuve, le Marañón. L’épisode fameux de l’attaque menée par des femmes guerrières — les Amazones — contribua à fixer durablement le nom d’Amazone pour le fleuve. L’ouvrage évoque ensuite la quête d’un mystérieux nomade, appelé El Dorado ; cette expédition conduite par Pedro de Ursúa fut compromise par la mutinerie de Lope de Aguirre, qui assassina Ursúa avant d’être lui-même exécuté en 1561. Une version abrégée du Nuevo descubrimiento del gran río de las Amazonas du Père Cristóbal de Acuña (Madrid, 1641), occupe les page 101 à 141). 

L’ouvrage décrit longuement l’activité missionnaire : fondation de résidences jésuites à Quito, organisation des réductions — villages destinés à regrouper et évangéliser les populations indigènes —, progrès de l’instruction religieuse, description des peuples de la région de Maynas et la recherche de l’or.

Enfin, l’opuscule final, parfois manquant, présente une chronologie du Pérou et du Nouveau Royaume de Grenade (1491-1684). D’après Antonio de León Pinelo, repris par les bibliographes Sabin, Sommervogel…, cette pièce aurait été imprimée séparément à Madrid en 1688 puis jointe à certains exemplaires avant l’index final.

Le dernier feuillet, tel un colophon dans un joli encadrement gravé bois, est assez curieux et comptabilise l’impression (0001), les livres (0006), les chapitres (0090), les pages (0444), l’année d’impression (1684) et les années concernées (0044). Il résume les deux axes de l’ouvrage : la conquête territoriale, ainsi que la conquête spirituelle.

Borba de Moraes explique que « l’une des raisons pour lesquelles cet ouvrage est si rare est qu’il a été publié sans l’autorisation de la Congrégation de la « Propaganda Fide », contrairement aux ordres de Clément X pour les ouvrages de ce type. Il a donc été inscrit parmi les ouvrages interdits dans l’« Index », bien qu’il ait obtenu toutes les autres autorisations ecclésiastiques et civiles ».

Rousseurs, tache d’encre p. 147, mouillure p. 279. Gardes modernes. Restaurations à la plupart des feuillets. Éraflures, petits accrocs sur les plats et au dos (avec de petites traces blanches). Exemplaire modeste.

Provenance : Mario Pimenta Camargo (ex-libris) : collectionneur d’art brésilien, il fut directeur du Musée d’art de São Paulo (Masp) et membre des bureaux de la Fondation Biennale de São Paulo et du Musée d’art moderne de New York.

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