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Folio (300 x 200 mm), 6 ff.n.ch., 12 ff.n.ch.(index), 14 cartes à double page, 1402 pp., 1 page blanche. Peau de truie estampée à froid, ornée de palmiers, de portraits des évangélistes, de divers portraits masculins dans des médaillons reliés par des volutes végétales, fermoirs (reliure contemporaine allemande).
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Sabin, 51399 ; Alden, J.E. European Americana, 568/24 ; Borba de Moraes, II, p. 602-603.
Rare édition française traduite par François de Belleforest, première géographie universelle écrite en allemand par un protestant.
Sébastien Münster (1488-1552), prêtre catholique allemand converti au protestantisme en 1529 après avoir rencontré Luther, était un géographe, cartographe et éditeur distingué, et les éditions de Ptolémée qu’il a publiées sont à juste titre tenues en haute estime.
Sa Cosmographie, publiée pour la première fois en 1544 à Bâle, est la première géographie universelle écrite en allemand par un protestant. Conçue comme un outil de vulgarisation des connaissances géographiques, elle a été largement diffusée : 21 éditions allemandes ont été publiées entre 1544 et 1568, 5 éditions latines entre 1550 et 1572 et 6 éditions françaises entre 1552 et 1575.
« Trois types principaux de sources peuvent être identifiés dans la Cosmographia : les propres voyages de Münster, ses lectures d’auteurs anciens et modernes, et les lettres envoyées par ses correspondants. (…) Au cours des années pendant lesquelles la Cosmographia a été écrite, les voyages de Münster sont devenus plus systématiques, car il profitait du temps libre que lui procuraient ses fonctions d’enseignant pour voyager. La zone couverte par ces voyages était, dans l’ensemble, assez limitée. Ce sont principalement les régions voisines de Bâle qui ont été explorées : la Suisse en particulier, l’Alsace et le sud de l’Allemagne. (…) Les sources savantes de Münster sont nombreuses. Selon le Catalogus des auteurs auxquels Münster se réfère explicitement, plus de trente noms sont cités, bien que de manière inégale, dans la composition de la Cosmographia. Ces auteurs sont à la fois anciens et modernes (…). La Cosmographia est l’Å“uvre d’un réseau de savants et d’érudits que Münster prend soin d’entretenir à plusieurs reprises et dont il continue à élaborer la cartographie dans les différentes éditions de l’ouvrage. » (Besse, Jean-Marc. « Chapitre V. Description cosmographique : l’espace des sources ». Les grandeurs de la Terre, ENS Éditions, 2003).
Elle est illustrée de 14 cartes sur des doubles pages (deux cartes du monde — la première basée sur celle de Waldseemüller, intégrant la Floride et l’Amérique, l’autre basée sur celle de Ptolémée — des cartes de l’Europe avec l’Espagne, la France, l’Allemagne, la Suisse, la Bavière, la Bohême, la Grèce, l’Asie et les Amériques). Ces cartes ont été reproduites à partir de l’édition de Ptolémée publiée par Münster en 1540.
Les illustrations comprennent également de nombreux plans et vues de villes (dont trois dépliants aux pages 586-587, 744-750 et 822-823), soigneusement dessinés par d’éminents artistes de l’époque spécialement pour cet ouvrage : « Elles s’appuyaient sur des informations de première main recueillies auprès des autorités locales de chaque ville ou lieu décrit, et constituaient parmi les premiers plans à grande échelle de villes à être publiés. » (Baltimore Museum of Art, 1952 : The World Encompassed, 272).
Il présente Metz, Paris, Rome, Venise, Florence, Berne, Baden, Bâle, Ruffach, Worms, Cologne, Lindau, Vienne, Constantinople, etc., ainsi que de nombreuses gravures sur bois dans le texte (certaines répétées) illustrant les caractéristiques des régions décrites : portraits, costumes, médailles, scènes pittoresques, faune, animaux mythiques, flore et paysages.
Bien que ces illustrations combinent des sources médiévales et des connaissances modernes, la Cosmographie de Munster fut pendant longtemps — en fait, jusqu’à la publication de la Geographia Generalis de Varenius en 1678 — l’ouvrage de géographie le plus faisant autorité qui existait.
Cette édition contient une large section consacrée à l’Amérique, fournissant l’un des premiers récits en français des voyages de Christophe Colomb (livre V, p. 1321 et suivantes) et des quatre voyages de Vespucci (livre V, p. 1333 et suivantes).
Magnifique exemplaire relié en peau de truie d’époque.
Légères traces d’humidité dans les marges des sections L et M, puis des pages 1313 à la fin ; feuilles uniformément rouillées, quelques rouillures éparses (plus visibles dans certains cahiers tels que AAaa, IIii) et taches (pp. 101, 617, 683, 929, 1102, 1309) ; erreurs de pagination (y compris f. X, qui est incorrectement numéroté et n’est pas inclus dans la pagination, et le saut de pagination de 549 à 560) ; restauration au pli de la carte de la ville de Vangions (aujourd’hui Worms) pp. 586-587 ; légère oxydation de l’encre sur certaines gravures sur bois, apparaissant sous forme de marques brunes au verso (par exemple pp. 809, 1147, 1307, 1321, 1334, 1360, etc.) ; déchirure marginale sans perte à la p. 1086. Restauration discrète de la reliure.
Provenance : ancienne provenance manuscrite griffonnée sur la page de titre : « à Charles Albert… » – Giannalisa Feltrinelli, avec son ex-libris et son cachet en relief répétés sur les deux premières feuilles (vente Christie’s, partie VII, 11 décembre 2001, n° 2023).





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