LESAGE Alain-René Le Diable boiteux. Illustré par Tony Johannot. Précédé d’une notice sur Le Sage par Jules Janin.

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Paris, Ernest Bourdin et Cie, 1842

Grand in-8 (258 x 166 mm) de 2 ff.n.ch. (faux-titre, titre), XVI pp., 380 pp. Maroquin rouge, riche décor doré à la Duseuil avec très grands fleurons d’angle, dos à nerfs, caissons dorés d’un motif floral, roulette sur les coupes, tranches dorées sur marbrure, roulette intérieure (Gaillard).

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Brunet, III, 1008 ; Carteret, III, 388 ; Cordier, 117-60 ; Vicaire, V, 245 ; Fléty, 53.

Rare exemplaire sur chine de la réimpression de l’édition de 1840, illustrée d’un portrait en pied du Diable boiteux gravé par Brevière, tiré sur chine collé, et de 140 vignettes dans le texte par Tony Johannot.

Cet ouvrage avait parut d’abord en livraisons comme c’est souvent le cas au XIXe siècle. Un certain nombre de romans ayant connu le succès au XVIIIe siècle sont périodisés et proposés au public en livraisons. Une fois l’intégralité de l’œuvre éditée, il est possible de la faire relier chez l’éditeur.

Le Diable boiteux s’inscrit dans une forme de continuité entre le XVIIIe et le XIXe siècle. Il s’agit d’une histoire de diablerie et d’enchantement saupoudrée de moral. Le Sage fait intervenir la figure démoniaque d’Asmodée qui use de divers sortilèges. Ces composantes ont tout pour plaire au XIXe siècle qui s’efforce de faire un naître un fantastique français.

Par ailleurs, la toute première occurrence de la locution « genre fantastique » se constate en 1798 dans un article de La Décade philosophique, littéraire et politique qui prend justement appuie sur l’œuvre de Le Sage (n°17, 30 décembre 1798).

Le récit et ses personnages offrent à Tony Johannot une palette de représentations possibles qu’il s’emploie à mettre en image. Comme toujours, les airs sont marqués, son diable est expressif, repoussant avec un air tantôt malveillant tantôt moqueur. Il accentue les caractéristiques démoniaques, le visage n’est fait que d’angles : le nez, le menton et les cornes sont construits dans une suite de formes aiguës qui exacerbent le caractère du personnage. Johannot s’amuse également à tordre son Asmodée dans tous les sens. Il enserre souvent Cléofas, le héros du roman, suggérant ainsi l’emprise diabolique. Les bandeaux, lettrines, et les cul-de-lampes sont tout aussi travaillés que les vignettes, rendant l’ouvrage dynamique et riche.

Pages 41 et 43 plus courtes.

Marc Loliée (ex-libris) puis Régine et Bernard Loliée (ex-libris).