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In-8 (172 x 102 mm), 32 ff. n. ch. (le dernier blanc), 359 pp. chiffrées 341 (1-223 ; 206-341), 1 p. non chiffrée d’errata, 8 ff. n. ch. d’index ; 1 gravure sur bois h.t. dépliante (p. 178), 7 gravures sur bois in-texte (pp. 90, 186, 193, 207 (IIe), 218, 252 et 266). Veau brun, cadre ornemental postérieur teinté fauve avec roulette et fleurons à froid, dos à nerfs orné restauré, tranches mouchetées en rouge (Reliure du XVIIe siècle).
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Borba de Moraes, Bibliographia brasiliana : I, pp. 470-471. – Rodrigues, Bibliotheca brasiliense, 1399 – Lestringant (Frank), Le Huguenot et le sauvage (Paris, aux amateurs de livres, 1990).
Édition originale latine du fameux récit de Jean de Léry relatant son séjour au Brésil en 1557.
D’origine modeste, cordonnier de formation puis aubergiste, Jean de Léry (1536-1613) se convertit au protestantisme dans les années 1550. Ayant reçu une formation religieuse solide, il est envoyé en 1556 au Brésil dans le cadre de l’expédition de Nicolas Durand de Villegagnon visant à fonder une colonie protestante en « France Antarctique » (dans la baie de Rio).
Publié près de vingt ans après le retour de Léry, cette compilation de « choses vues » (dont le manuscrit fut prétendument perdu par son auteur par deux fois et retrouvé en 1577) s’inscrit dans une stratégie globale de discours huguenot, faisant de Léry le porte-parole du front protestant. L’édition originale française de cette célèbre Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil — parue en 1578, à La Rochelle (pour Genève ?), chez Antoine Chuppin — fut suivie de six éditions du vivant de l’auteur, jusqu’en 1611.
Cette édition originale latine est traduite — peut-être par l’auteur lui-même — à partir de la troisième édition parue en 1585.
Dès la préface, Léry s’inscrit dans la défense du projet missionnaire protestant et accuse le cosmographe catholique Thevet, auteur de la fameuse Cosmographie universelle parue en 1575, de mensonges et de compilation ; amplifiant ses descriptions du Brésil, Thevet égratignait en effet implicitement les ministres réformés et les « hérétiques » de l’expédition de Villegagnon.
Texte majeur pour l’histoire des missions protestantes, ce récit est également essentiel pour l’ethnographie des Tupinambas du Brésil. L’auteur y livre des observations de première main sur la flore, la faune et surtout les mœurs indigènes : hospitalité (chap. V-VI), peintures corporelles (chap. VIII), monstres (chap. X), polygamie (chap. XVII). Les premières notations musicales tupinambas, élément rare et précieux, sont liées aux invocations et aux rites religieux (chap. XVI, avec pp. 214, 219… Léry décrit aussi les pratiques guerrières et rituelles, dont le cannibalisme (chap. XIV–XV : « Ils ne mangent point leurs prisonniers pour la faim, mais par vengeance et pour montrer la haine qu’ils portent à leurs ennemis ».)
Comparant les violences européennes à celles du Brésil, son propos est souvent jugé trop nuancé pour l’époque, et suscite en Europe de vifs débats : « Je maintiens qu’il y a parmi nous des cruautés bien plus grandes que celles qu’on peut voir chez ces peuples qu’on appelle barbares. »
L’ouvrage est illustré de 8 gravures sur bois, soit trois de plus que dans l’édition française originale : indigènes nus (femmes et hommes) armés, bataille, dernier repos dans le hamac, paysage fantasmé avec des animaux hybrides…
Erreurs de pagination (sans manque) aux ff. Miv, Oviii, Sviii. Petits manques angulaires sans atteinte au texte ou bois : pp. 211-216, 252. Titre sali, gratté (traces d’annotations), doublé ; f. *ii, gratté dans la marge inférieure ; quelques rousseurs pâles ; soulignures p. 331. Reliure frottée, dos refait.
Exemplaire provenant de la collection de l’écrivain et historien brésilien Rubens Borba Alves de Moraes (1899-1986). Professeur et chercheur, il dirigea la bibliothèque des Nations Unies à New York ; également bibliophile, il est l’auteur — entre autres — de la fameuse Bibliographia brasiliana (avec son ex-libris).
Autres provenances : Mario Pimenta Camargo (ex-libris) : collectionneur d’art brésilien, il fut directeur du Musée d’art de São Paulo (Masp) et membre des bureaux de la Fondation Biennale de São Paulo et du Musée d’art moderne de New York.





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