LACHARIERE Marie André Nicolas de De l’affranchissement des esclaves dans les colonies françaises.

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Paris, Eugène Renduel, 1836

In-8 (219 x 137 mm) de 2 ff.n.ch. (faux-titre et titre) et 140 pp. Demi-maroquin vert à coins, dos lise orné d’un décor à froid et d’un titre doré, non rogné (reliure de l’époque).

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Manque à Sabin et à Chadenat.

Édition originale, rare. 

André de Lacharrière, propriétaire à la Guadeloupe, magistrat, délégué des colons au Conseil de la Marine, puis membre du Conseil colonial et président de la Cour royale à partir de 1836, fait partie des hommes ayant contribué aux nombreux textes ayant vu le jour dans les années 1830 et traitant de l’esclavagisme.

Le 12 novembre 1830 un arrêté abroge un certain nombre d’interdiction pour les libres et affranchis de couleurs qui peuvent alors s’habiller comme ils le souhaitent, porter des noms de blancs ou encore se réunir sans permission. 

Cette décision amorce de nombreux textes disparates, entre ségrégationnisme, abolitionnisme et attentisme. 

André de Lacharrière oscille entre les trois veines dans ces nombreuses publications. 

Il commence en 1831 dans son Observations sur les Antilles françaises où il affirme que « pour améliorer le sort de la population esclave » il faut « l’abolition, ou pour mieux dire la cessation complète de la traite » (p.75-76.) Ses propos sommes toute heureux sont entachés par un paternalisme lancinant. Lacharière assurant que les Noirs ne pourront accéder au progrès qu’au contact des Blancs. 

Dans son second ouvrage sur la question Du système de colonisation suivi par la France, publié en 1832, Lacharière note certaines erreurs commises par les nations ayant abolit l’esclavage et comment elles déteignent sur les colonies françaises :  » La Guyane, la Martinique, la Guadeloupe éprouve depuis quelque temps un fléau inconnu jusqu’ici, la désertion des noirs. C’est le gouvernement anglais qui lui a donné naissance » (p.53.)

Notre ouvrage est le 3e écrit par Lacharière sur la question de l’esclavagisme et il est celui qui embrasse pleinement l’affaire. Écrit en 1836, De l’affranchissement des esclaves dans les colonies françaises, aborde le sujet d’un point de vue à la fois pragmatique et moral. 

Il dit les craintes liées à l’abolition de l’esclavagisme et notamment les répercussions financières sur les propriétaires et les colons. S’il n’est pas fondamentalement contre, il émet des réserves et questionne les moyens mis en place avec une telle révolution. Son souci se place dans le bien être des colonies : « l’abolition de l’esclavage n’est qu’un moyen ; il faut l’adopter s’il conduit à ce but, l’ajourner s’il en éloigne. » (p.55)

Les craintes exprimer semblent toutefois avoir une solution : la foi. « L’abolition de l’esclavage laissera un vide immense. La religion seule peut le combler ». (p.117)

Enfin, le texte suivant et répondant au notre Réflexions sur l’affranchissement des esclaves dans les colonies françaises publié en 1838 exprime une forme d’abnégation : « L’abolition de l’esclavage est une question de temps, dit-on. Qui peut en douter ? N’en est-il pas de même de toutes les institutions humaines ? » (p14.)

Le parcours critique de Lacharière est emblématique des divers moments et réflexions en place dans les années 1830 en France et dans ses colonies. S’il n’a jamais été fondamentalement contre l’abolition, il soulève beaucoup de questionnements moraux et matérialistes qui sont inévitablement constitutifs de grands changements sociétaux. 

Petite déchirure en marge p. 134. 

Rousseurs.

[Relié à la suite]: 

DUMAS. Alexandre. Antony, drame en 5 actes en prose. Paris. Auguste Auffray, 1832. 5 ff.n.ch. (faux-titre, frontispice, titre, avant-propos), 100 pp., 1.f.n.ch. (post-scriptum).

Deuxième édition, illustrée d’un frontispice de Tony Johannot gravé par Tellier et Thompson.

Rousseurs.

Léger renfoncement sur le dos de la reliure. 

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