HUYN P.N. La Théorie des jeux de hazard, ou Analyse du Krabs, du passe-dix, de la Roulette, du Trente & quarante, du Pharaon, du Biribi et du Loto.

VENDU

s.l., 1758

Petit in-4 (197 x 142 mm) manuscrit sur papier, 49 pp. (chiffrées 1-18, 13-43), encre brune. Basane marbrée, roulette dorée d’encadrement, dos lisse orné (reliure de l’époque).

Catégories:
3500,00 

1 en stock

Exceptionnel manuscrit probablement autographe consacré aux jeux de hasard.

La loterie fut introduite en France à l’illustre Giacomo Casanova (1725-1798) qui, pendant son séjour à Paris, proposa, pour le financement de la construction de l’école militaire à la gloire de Louis XIV, la création d’un nouveau système pour augmenter les recettes de l’état : il s’agissait d’une Loterie nationale en faveur de la création de l’école militaire nationale. Le projet fut finalement accepté par deux arrêts officiels (15 août 1757 et 15 octobre 1757). Transformée en Loterie royale de la France en 1776, l’état détenait un monopole qui permettait d’encaisser entre 5 et 7% de ses revenus annuels. « La loterie royale fut, avec la banque, le premier instrument de gestion publique installé dans des régimes politiques anciens » (Presses universitaires du Septentrion).

Le manuscrit du père Huyn se penche sur les gains et pertes probables des joueurs, et donne comme sous-titre « Ouvrage intéressant aux personnes qui s’amusent à ces jeux, et dans lequel on démontre les désavantages que chacun d’eux a pour les pontes ». Son manuscrit débute avec un aperçu sur la ‘Théorie des jeux de hazard’. « Il y a trois espèces de jeux : ceux d’adresse, de commerce, et de hazard…. J’établie dans cet ouvrage la théorie de ceux qui sont le plus suivi et y démontre les vrais désavantages que chacun d’eux a pour le pontes » (pp. 1-3).

Il est suivi des explications de jeux tels que : Le Krabs, Le Passe Dix, La Roulette, le Trente et Quarante, Le Pharaon, Le Biribi, Le Loto. L’auteur donne d’abord les règles du jeu, suivies de tables précises pour le calcul de probabilités pour gagner des parties. Ces calculs sont de véritables statistiques dont le but est effectivement de convaincre les gens de ne pas s’adonner aux jeux de hasard, démontré par les chiffres donnés.

Ce manuscrit est sensiblement différent du livre imprimé en 1788. Certaines des notes en bas-de page sont formulées avec un vocabulaire différent. Les chapitres ne sont pas composés de la même manière. Certains passages présents dans ce manuscrit n’ont pas trouvé leur inclusion dans la version imprimée (par exemple dans le chapitre sur Le Biribi deux paragraphes ont été enlevés). La fin de la version imprimée contient un long paragraphe sur les effets néfastes des loteries qui n’est pas présent dans le manuscrit. En revanche, ce dernier contient – comme la version imprimée – une réflexion sur l’éthique des loteries : « C’est bien ici le cas de rappeler l’inscription qu’on trouva sur la porte de l’hôtel, ci-devant de la Compagnie des Indes et aujourd’hui de la Loterie Royale : Dans ces lieux où Colbert enrichissoit la France / Mercure a des benêts vend bien cher l’espérance ».

Très beau manuscrit dont les collections spécialisées Kress, Goldsmith’s ou Einaudi ne possèdent même pas la version imprimée.

UGS 2026-06-0010 Catégorie Étiquettes , ,