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In-16 (135 x 90 mm) de 14 pp. Broché, non coupé.
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Édition originale, rarissime impression de Jersey pendant l’exil de Victor Hugo.
« À Louis Bonaparte » est un poème satirique de Victor Hugo, une diatribe féroce contre Louis-Napoléon Bonaparte (futur Napoléon III) qui a trahi la République en organisant le coup d’État du 2 décembre 1851, le qualifiant de « Napoléon le Petit » et le dénonçant comme un usurpateur vain, trahissant la grandeur de son oncle.
Ce pamphlet s’inscrit dans une longue opposition où Hugo, initialement favorable à Louis-Napoléon, devient son plus virulent critique après le coup d’État, le transformant en cible de tous ses poèmes engagés.
Suite au coup d’état, Victor Hugo prit la tête de l’opposition et entra dans la clandestinité. Sa tête mise à prix, il se résolut à fuir et gagna la Belgique peu de temps avant son expulsion officielle du territoire français promulguée par décret le 9 avril 1852, avec une soixantaine d’autres députés de l’opposition.
Après un court exil en Belgique, Victor Hugo le proscrit, rejoint Jersey avec d’autres personnalités bannies. L’île devient le repère des exilés, ils y éditent dès 1853, L‘Homme, journal de la démocratie universelle qui leur sert de tribune politique.
C’est une visite de Napoléon III en Angleterre qui remit le feu aux poudres et qui poussa Hugo à rédiger ce pamphlet. Imprimé sur les presses du journal, Hugo en varie les format pour parfaire son impact. Ainsi, ce texte n’existe pas uniquement sous forme de libelle mais également comme affiche (Maison de Victor Hugo – Hauteville House, n°inv 526).
Il enjoint l’empereur à ne pas se rendre en Angleterre tout au long du texte, à « laisser l’exil tranquille » (p.1). Il encense l’Angleterre et son peuple libre tout en rappelant les défaites de Napoléon Ier : « Irez-vous au square Trafalgar? Irez-vous au square Waterloo, au pont Waterloo, à la colonne Waterloo? » (p.5)
Napoléon III concrétisa sa venue en Angleterre et noua des liens avec la Reine Victoria, ce qui ne fut pas pour plaire aux proscrits. Lorsque cette dernière effectua en retour une visite de dix jours à Paris en août 1855, ils s’enflamment. Félix Pyat fait publier dans l’Homme une diatribe contre la reine. S’en suit une première salve d’expulsion ordonnée par la couronne britannique. Hugo réagit vivement dans une déclaration signée et soutenue par les autres proscrits qu’il conclut par « Et maintenant expulsez-nous ! » (Hugo, Actes et paroles, pendant l’exil, Paris, Hetzel, 1875, p.162.).
Hugo est à son tour expulsé et quitta Jersey le 31 octobre 1855 pour rejoindre Guernesey.
Exemplaire tel que paru, non coupé, de ce texte représentant le point culminant de la fureur de Victor Hugo contre celui qu’il avait cru être l’homme de l’ordre, mais qu’il considérait désormais comme un traître et un usurpateur.





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