DESCHAMPS Alexandre Lettre autographe signée.

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Bahia, 21 décembre 1841

2 Bifeuillets (268 x 209 mm) de 6 pp., avec adresse au verso du dernier feuillet.

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Importante & rare lettre écrite du Brésil en 1841 par un voyageur français engagé dans la marine de commerce : Alexandre Deschamps.

Deschamps écrit à sa mère, qui vit à Saint-Dizier, il donne d’abord quelques indications sur la traversée vers le Brésil avec un passage aux îles Canaries puis le long des côtes du Cap-Vert. Il évoque le trajet retour vers Le Havre et ses craintes au sujet de querelles entre l’armateur et le capitaine du bateau. 

Il évoque les Anglais qui luttent alors contre l’esclavage via le West Africa Squadron: « on court la chance d’être pris par les Anglais et d’être fait prisonnier car ces Messieurs craignent que l’on fasse la traite des nègres, ce qui n’empêche pas qu’on en amène tous les jours à Bahia dans de petits navires où il y en a jusqu’à cinq six cents ». L’escadre britannique de l’Afrique de l’Ouest luttait contre la traite atlantique en patrouillant le long des côtes d’Afrique. On notera à titre d’exemple que le HMS Black Joke, intégré à cette escadre après sa capture en 1827, avait été à l’origine un navire négrier brésilien, l’Henriquetta, appartenant au marchand d’esclaves de Bahia José de Cerqueira Lima.

Dans les années 1830-1840, Bahia (Salvador) constituait l’un des grands pôles esclavagistes du Brésil. En dépit de l’interdiction légale de la traite en 1831, la région resta un point d’arrivée important de captifs africains dans le cadre d’un commerce devenu clandestin.

Alexandre Deschamps décrit ensuite ici le Brésil de manière pittoresque, évoquant notamment la fertilité des lieux («Bahia est le meilleur sol de tout le Brésil pour la canne à sucre »), il donne des détails sur les paysages marqués par la présence « de haies de cactus et de toutes sortes de champs (…), des bois d’orangers, de citronniers, de bambous, de mimosas, de jasmins, (…) de passiflores et de cafetiers ».

Le jeune homme n’échappe pas aux stéréotypes racistes de son époque: les Brésiliens, à son avis, sont « très débauchés » car « ils ont tous deux ou trois négresses pour maîtresses ». Il remarque encore que « la mode (…) est de montrer sa poitrine, surtout dans ce pays où les femmes ont des seins qui leur poussent derrière le dos pour aller trouver la bouche de leurs enfants qui y sont attachés par une espèce de mantelet en soie écossaise ».

Il ajoute qu’il n’est pas certain de rester dans la marine et a bien hâte de retrouver sa famille en France nous ignorons s’il parvint finalement à y revenir.

Précieux témoignage sur la vision du Brésil par un Français dans la première moitié du XIXe siècle.

Restaurations de papier, quelques rousseurs et traces brunes, quelques traces de pliure, petits manques.

UGS 2026-02-0007 Catégorie Étiquettes , , ,