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In-8 (164 x 107 mm) de 109 pp., 1 p.n.ch. (approbation des docteurs en théologie). Maroquin brun triple filet d’encadrement, dos à nerfs orné, roulette intérieure, tranche doré (R.Petit).
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Borba de Moraes, I, 476 ; Rodrigues 1407 ; Sommervogel XII 154 ; Atkinson, 260 ; Leclerc, 122.
Important recueil des lettres de missionnaires, portugais et espagnol, contenant des informations fondamentales dans l’évangélisation du Japon, du Pérou et du Brésil. Seconde édition après une première imprimée à Paris en 1578.
« Ces lettres furent publiées pour la première fois en français, les éditions dans leur langue d’origine parurent ultérieurement. La version française est due à Michel Coyssard, professeur de rhétorique au collège de Clermont qui signa aussi la préface ». Sommervogel
La lettre de P. Luiz Fonseca, écrite de Bahia le 17 décembre 1577 est capitale pour l’histoire du Brésil. Ce texte constitue l’un des documents les plus anciens, les plus détaillés et les plus longs jamais publiés en français sur le Brésil par un témoin oculaire présent dans le pays. Bien que cette lettre ait sans doute été rédigée en portugais ou en latin, elle a été publiée pour la première fois en français. La raison de cette publication en français tient presque certainement au désir des jésuites d’exploiter ce qu’ils considéraient comme la colonisation réussie par les catholiques portugais d’une région où les huguenots français, sous la direction de Villegagnon, avaient échoué si lamentablement. Les seuls précédents significatifs en matière de reconnaissance du Brésil avec un tel niveau de détail en français sont les œuvres de Thévet, dont seule une partie concernait le Brésil, et dont une grande partie a fait l’objet d’attaques polémiques au XVIe siècle, ainsi que le grand récit de l’expédition de Villegagnon par Jean de Léry, dont la première édition parut en 1578, la même année que la première édition du présent ouvrage. Fonseca y relate pour la première fois le conflit d’Antonio Salema à Cabo Frio contre les Indiens Tamoios. En 1575, le gouverneur portugais Antonio Salema lança une campagne militaire à Cabo Frio pour contrôler la côte sud-est du Brésil, alors disputée entre Portugais, Français et populations autochtones Tamoios. Les Tamoios, alliés aux Français, menaçaient les intérêts portugais et commerçaient le pau-brasil. Salema mobilisa environ 400 soldats portugais et 700 alliés autochtones pour attaquer une forteresse stratégique. Après un siège et des combats violents, la forteresse fut prise : environ 500 Tamoios tués ou capturés et près de 1 500 réduits en esclavage. Les villages alentour furent détruits ou abandonnés, provoquant un dépeuplement massif. Cette victoire consolida la présence portugaise, élimina l’influence française et marque un épisode brutal des guerres coloniales au Brésil.
En tête du volume se trouve la lettre sur le Japon de Francisco Cabral (1528 ou 1533-1609), jésuite portugais qui arriva au Japon en 1570 avec le grade de 2e Supérieur en date de la Compagnie de Jésus. Dès son arrivée, il entreprit de convoquer une assemblée des missionnaires à Shiki dans l’île Shimo-jima afin de fixer les règles de l’évangélisation. Il put, rapidement convertir et baptiser de grands seigneurs et leurs familles. A partir de 1574, il s’employa à l’évangélisation de l’île de Kyûshû. Dans la lettre retranscrite dans notre recueil il annonce que la christianisation du Japon progresse et qu’il compte 20 000 convertis.
Vient ensuite la lettre sur le Pérou de Jerónimo Ruiz del Portillo (1532-1590) qui dirigea la première Mission jésuite du Pérou. Il partit en 1566 accompagné de 23 autres jésuites et fonda alors deux collèges, 1 un Cuzco et l’autre à Lima. Dans son rapport de février 1575 transcrit dans notre ouvrage, il rapporte qu’ils sont maintenant 70 jésuites et qu’ils poursuivent activement l’évangélisation. Ils ont fondé plusieurs églises dont certaines abritent des trésors, il fait mention d’un autel orné d’un bois de la Sainte-Croix confié par Rome. Cette lettre est pour lui l’occasion de se prévaloir de leurs accomplissements, parmi lesquels la fondation d’un Monastère de femmes grâce à la récupération de l’héritage d’un homme mort sans héritier mâle. Del Portillo a réussi à convaincre la veuve et la fille de construire un couvent dont elles ont été les premières nones.
Cette seconde édition est extrêmement rare, le Worldcat n’en répertorie qu’un exemplaire à la Newberry Library. Borba de Moraes évoque une édition chez Rigaud en 1578 mais nous ne trouvons pas de trace de cette dernière.
Petite manque de papier dans la marge blanche de la page 69.
Provenance : Jean Perrette, ex-libris gravé sur le contre-plat « J.R.P. » (vente Christie’s, 5 avril 2016 lot 301).





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