VENDU
21 volumes grand in-folio (625 x 450 mm). Maroquin bleu, double encadrement de trois filets dorés, lettre dorée couronnée dans les coins, armoiries royales au centre des plats, dos décoré d’une lettre dorée couronnée et de fleurs de lys, tranches dorées, tranches dorées. (Reliure de l’époque).
1 en stock
André Jammes. Louis XIV, sa Bibliothèque et le Cabinet du Roi in The Library, Fifth Series, vol. XX, March 1965–Marianne Grivel. Le Cabinet du Roi, in Revue de la Bibliothèque Nationale, n° 18, Hiver 1985, 5e année–Georges Duplessis. Le Cabinet du Roi. Paris, Bachelin, 1869–Catalogue des volumes d’Estampes dont les planches sont à la Bibliothèque du Roy. Paris, Imprimerie Royale, 1743–Brunet, I, p. 1442-1444.
Une collection monumentale de gravures connue sous le nom de Cabinet du Roi, fruit d’une entreprise colossale visant à célébrer la puissance, la splendeur et la gloire de Louis XIV. Un exemplaire exceptionnel en marocain bleu arborant les armoiries royales provenant du château de Vaux-le-Vicomte.
Il s’agit, relativement parlant bien sûr, de l’équivalent de la communication graphique du château de Versailles dans le domaine de l’architecture. Le Cabinet du Roi est le premier et le plus important des grands ouvrages richement illustrés publiés aux XVIIIe et XIXe siècles par les souverains européens pour glorifier leur règne.
En 1662, à l’instigation et sous la supervision de Colbert, les meilleurs artistes de l’époque sont réunis pour ce projet : Le Brun, Israël Silvestre, Van der Meulen, Jean Le Pautre, Sébastien Le Clerc, Claude Mellan et Gérard Edelinck. Les gravures illustrent des sujets variés : les collections du roi (peintures, tapisseries, statues et médailles) ; les édifices et jardins royaux (le Louvre, Versailles, Les Invalides, etc.) ; les célébrations ; et les campagnes militaires du Roi Soleil.
À partir de 1670, lorsqu’un nombre suffisant de gravures sur un même thème était disponible, celles-ci étaient compilées en recueils. Citons par exemple les Courses de têtes et de bagues organisées en 1662 et publiées en 1670, etc. Le format de ces collections varie de l’in-plano à l’in-8 (par exemple, Le Labyrinthe de Versailles).
Cette collection a été constamment enrichie, au moins jusqu’en 1697. Louvois, ministre de la Guerre, s’intéressait particulièrement aux collections célébrant les campagnes militaires de Louis XIV.
L’intention générale de propagande était délibérée et évidente. Mais c’était aussi une forme de mécénat qui permit à l’école française de la gravure interprétative de s’épanouir. Ces gravures et ces collections furent largement diffusées. Certains exemplaires des collections, luxueusement reliés en cuir de maroc rouge, furent offerts à des souverains étrangers par les ambassadeurs du roi. Ils furent également remis à des personnalités importantes de l’entourage royal. La gestion des plaques de cuivre gravées, des estampes, des stocks et de la distribution fut confiée à la Bibliothèque du Roi.
Au début du XVIIIe siècle, les stocks de gravures étaient presque épuisés. Afin de remédier à cette situation, mais aussi de rentabiliser une entreprise particulièrement coûteuse, voire ruineuse, l’abbé Bignon, bibliothécaire du roi, décida de compenser cette pénurie.
Il s’agissait sans doute aussi de rappeler le prestige de la dynastie à laquelle appartenait le jeune souverain Louis XV, qui venait d’accéder au trône.
À partir de 1723, ces collections disparates furent donc publiées de manière uniforme en 23 volumes, tous au même format grand-aigle et tous sur le même papier de grande qualité. Le tirage était faible : une cinquantaine d’exemplaires (cf. Marianne Grivel, p. 13).
Ainsi, « la collection dite du Cabinet du Roi ne s’est réellement constituée qu’aux alentours de 1727, date de la publication du premier catalogue. Jusque-là, les planches gravées sur ordre du roi étaient produites individuellement, et seules quelques œuvres formant un ensemble homogène avaient été publiées en tant que corpus » (Georges Duplessis).
Bien que nous sachions que les presses affectées aux estampes du roi ont fonctionné jusqu’en 1788, on ignore si de nouvelles estampes complètes de l’ensemble de la collection ont été réalisées après 1727.
Les reliures des vingt et un volumes en cuir marocain bleu témoignent, par leur luxe, d’une attention particulière.
Cet exemplaire, complet avec les 139 gravures d’après Van der Meulen, dans lequel les Tableaux et les Statues sont séparés, appartient probablement à cette première édition extrêmement rare réalisée à partir de 1723.
Nombre total d’illustrations : 794 gravures sur 666 feuilles.
Détails des volumes :
I. Tableaux du Roy. Représentant sept sujets de l’Ancien Testament, vingt-deux du Nouveau, cinq de la Fable, un de l’Histoire Profane et trois allégoriques. 35 gravures (sur 38)
II. Manquant. Tableaux du Roy. Représentant cinq sujets de l’histoire d’Alexandre le Grand, gravés d’après Le Brun.
III. Médaillons antiques. 41 gravures par La Boissiere, avec autant de demi-feuilles numérotées (infime déchirure aux planches 1 et 35, manquent les demi-feuilles explicatives, remplacées pour 19 demi-feuilles explicatives manuscrites).
IV. Plans, élévations et vûes des châteaux du Louvre et des Tuileries. 40 gravures.
V. Plans, élévations et vûes du châteaux de Versailles. 29 gravures dont »La Franche Comté conquise pour la seconde fois, 1674″ par Simmoneau.
VI. Manquant. Grotte, Labyrinthe, Fontaines et Bassins de Versailles.
VII. Statues du Roy antiques et modernes, gravées par Edelinck, Audran, Le Pautre, Chauveau, Mellan et Baudet. 48 gravures.
VIII. Termes, Bustes, Sphinx et vases du Roy, gravés par Le Pautre, Mellan, Baudet. 51 gravures.
IX. Tapisseries du Roy, gravées d’après Le Brun par Sébastien Le Clerc. 48 gravures sur 32 feuilles.
X. Carrousel. Courses de têtes et de bagues. 97 gravures sur 43 feuilles.
XI. Festes de Versailles. 20 gravures.
XII. Plans, élévations, vues, coupes et profils de l’Hötel Royal de Invalides, gravés par Marot, Le Pautre et Scotin. 23 gravures.
XIII. Plans, profils, élévations et vûes de différentes Maisons Royales, gravés par La Boissiere, Marot, Brissart, Sylvestre, Dorbay. 26 gravures.
XIV. Profils et vûes de quelques lieux de remarque, avec divers plans détachés, de villes, citadelles et châteaux, gravés par Audran, Sylvestre, Le Pautre. 19 gravures.
XV. Plans et profils appellez communement les Petites Conquestes servant à l’histoire de Louis XIV gravés par Châtillon, Colin, Le Clerc, Marot et Dolivart. 40 gravures.
XVI. Vûes, marches, entrées, passages et autres sujets servant à l’Histoire de Louis XIV gravés d’après Van der Meulen. 18 gravures.
XVII. Vûes, entrées et autres sujets servant à l’Histoire de Louis XIV gravés d’après Van der Meulen. 23 gravures.
XVIII. Paysages, Morceaux d’études…, gravés d’après Van der Meulen par Baudoins, Huchtenburgh. 98 gravures en 40 feuilles.
XIX. Plans, profils et vûes de camps, places, sièges et batailles servant à l’histoire de Louis XIV gravés d’après Beaulieu par Colignon, Cochin, Perelle. 24 gravures.
XX. Plans, profils et vûes de camps, places, sièges et batailles servant à l’histoire de Louis XIV gravés d’après Beaulieu. Année 1645. 28 gravures.
XXI. Plans, profils et vûes de camps, places, sièges et batailles servant à l’histoire de Louis XIV gravés d’après Beaulieu. Année 1646-1648. 31 gravures.
XXII. Plans, profils et vûes de camps, places, sièges et batailles servant à l’histoire de Louis XIV gravés d’après Beaulieu. Année 1650, 1654-1659. 28 gravures.
XXIII. Plans, profils et vûes de camps, places, sièges et batailles servant à l’histoire de Louis XIV gravés d’après Beaulieu. Année 1662, 1668, 1673, 1674, 1676-1677, 1684-1685, 1688, 1691-1694, 1697. 27 gravures.
Légères traces d’usure à la reliure (quelques dos passés, défauts à certaines coiffes et charnières, restauration à une coiffe). Quelques planches roussies.
Provenance : Edme Sommier – Patrice de Vogüé (château de Vaux-le-Vicomte)- Collectionneur européen.




Du lundi au samedi
10h – 13h et 14h30 – 19h
(18h les lundi et samedi)
© 2023 Tout droit réservé.