BOVELLES Charles de Recueil de 4 pièces scientifiques en édition originale

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Paris, Josse Bade, 1512-1523

In-4 (209 x 140 mm). Daim vert, dos à nerfs, pages de gardes renouvellé (reliure de l’époque)

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Charles de Bovelles est né à Saint Quentin vers 1475 et décéda vers 1567 à Ham dans la Somme. Mathématicien et philosophe il étudia sous Lefèvre d’Etaples au collège du Cardinal-Lemoine l’arithmétique avant de devenir lui-même professeur à ce collège célèbre. L’Alsacien Beatus Rhenanus figura notamment parmi ses élèves. Auteur de nombreux traités philosophiques, mathématiques, théologiques et mystiques il est considéré comme l’un des plus remarquables penseurs français de son époque.

L’imprimeur des ouvrages de ce recueil, Josse Bade (Jodocus Badius Ascensius, 1462–1535) était un pionnier bourguignon-français de l’imprimerie, grammairien et pédagogue, né à Asse près de Bruxelles. Il fonda sa propre imprimerie à Paris en 1503, qui prit le nom de Prelum Ascensianum. Avec 775 éditions à son actif, il fut l’un des éditeurs les plus actifs des trois premières décennies du XVIe siècle, se spécialisant dans les textes classiques romains en latin, souvent accompagnés de ses propres commentaires destinés au marché étudiant.

Bade était étroitement lié au cercle humaniste de Lefèvre d’Étaples et imprima de nombreux ouvrages de Bouvelles.

1. Physicorum elementorum decem. Paris, Josse Bade, 15 décembre 1512. 4 ff.n.ch., LXXIX, 1 f.n.ch., marque d’imprimeur de Jehan Petit sur le titre, 1 grande initiale,vignette gravées sur bois dans le texte, dernier feuillet avec le blason de Saint Sebastian entourés de 3 fleur de lis.

Renouard, Bade, II, 221; DSB, II, 36; Moreau, II, 257.

Édition originale de cet ouvrage phare de la philosophie naturelle de la Renaissance française du début du XVIe siècle qui fusionne la physique aristotélicienne, la métaphysique de nicolas de Cuse et la théorie des nombres pythagoricienne.

Le titre complet révèle la rigoureuse architecture interne de l’ouvrage : Physicorum Elementorum libri decem denis capitibus distincti, quae capita denis sunt propositionibus exornata, unde libri sunt decem, capita centum, propositiones mille — soit Dix livres sur les éléments de la physique, chaque livre divisé en dix chapitres, chaque chapitre agrémenté de dix propositions, ce qui donne au total dix livres, cent chapitres et mille propositions. Cette structure décimale parfaitement symétrique est en soi un énoncé philosophique, reflétant la profonde conviction de Bouvelles selon laquelle le nombre et l’ordre mathématique constituent le fondement de la connaissance naturelle.

Les Physicorum elementorum appartiennent à la période la plus productive de Bouvelles et se situent au cœur de sa philosophie naturelle. Il s’agit d’un ouvrage sur la physique au sens classique — la physica en tant qu’étude de la nature (physis), de ses éléments, de ses principes et de son ordre — et non d’une science expérimentale au sens moderne.

« In [this] work Bovelles applied this constructivist view of knowledge to mathematical physics. The Elementorum physicorum Libri (1512) introduces the main topics of Aristotelian physics that Beatus learned under the acronym of NaCaMILUT. Bovelles frames these topics, however, with an overt interest in mathematics. His typically playful approach to the metaphysics of numbers is already evident in the treatise’s organization: it is composed of ten books, each with ten propositions. Far from being a strict axiomatic assembly, this schema gives Bovelles plenty of space to take excurses. At one point he offers an extended reflection on the ‘order of teaching’ (eruditionis ordo) as a movement from memory to memory. Knowledge moves from a teachers memory, through their voice, into the student’s ear, where it becomes a concept in their mind, which the student then keeps in memory. Throughout the book Bovelles refers to the creative power of the mind, notably on the topic of vacuum. He first repeats the Aristotelian view that vacuum is impossible in nature – like a chimera it can only be imagined. But this raised the sceptical worry about how we can trust the mind’s products” (R.J. Osterhoff, in: Making Mathematical Culture, p. 210).

Ouvrage de toute rareté, USTC ne localise que 3 exemplaires institutionnels en Europe : Emden (Allemagne), Staatsbibliothek (Munich), Madrid (Complutense). Aucun exemplaire aux Etats Unis n’est localisé.

Trace de mouillure aux cahiers ‘A-C’.

 

2. In hoc opere Caroli Bovilli Samarobrini contenta. Liber Cordis. Liber proprie rationis. Liber Substantialium propositionum. Liber naturalium sophismatum. Liber cubicarum mensularum. Paris, Josse Bade, octobre 1523. 4 ff.n.ch., LXXXVIII ff.ch., marque d’imprimeur sur le titre, 1 gravure sur bois à pleine page montrant un homme, dernier feuillet avec un bois montrant une sphère armillaire.

Renouard, Bade, II, 224 ; Moreau, III, 435.

Édition originale.

« In 1523 appeared another collection of treatises concerned primarily with dialectic and mathematics. The most important treatise in this group was  Liber proriae rationis which dealt at length with the problem of universals and their importance for mystical theory. Also included in this collection were the Liber cordis, a medical treatise, and the Liber cubicarum mensularum, a mathematical work dealing with the construction and measurement of various cubes. The logical works in the collection were the Liber substantialium propositionum and the Liber Naturalium sophismatum. None of these treatises has yet been studied in detail by anyone concerned with the history of logic(Joseph M. Victor, in: Charles Bovelles, an intellectual biography, p. 24).

USTC localise 13 exemplaires institutionnels dont 3 ex. aux Etats-Unis : NLM, Houghton, Yale.

 

3. Aetatum mundi septem supputatio. Paris, Josse Bade, 1520. XLVIII ff.ch., marque d’imprimeur gravée sur bois sur le titre.

Moreau, III, 35; Renouard, Bade, II, 223.

Édition originale de ce traité latin de philosophie de l’histoire dans lequel Bovelles, à la confluence des mathématiques, de la théologie et de la mystique, propose un découpage du temps universel en sept âges, héritier d’une longue tradition augustinienne mais enrichi par la pensée néoplatonicienne de la Renaissance.

Le titre se traduit ainsi : « Calcul des sept âges du monde ». Il s’agit d’un traité de chronologie et de philosophie de l’histoire, dans lequel Bovelles divise le temps de l’humanité en sept grandes ères à partir de sources scripturaires et patristiques.

La doctrine des âges du monde (sex ou septem aetates mundi) est une périodisation historique chrétienne dont la première formulation remonte à saint Augustin, vers l’an 400. Elle repose sur les grands événements de l’histoire sacrée, depuis la création d’Adam jusqu’aux événements de l’Apocalypse. Bovelles reprend et développe cette tradition en distinguant sept âges (plutôt que six, comme chez Augustin), en leur donnant une dimension à la fois arithmétique, cosmologique et théologique, caractéristique de sa pensée.

 

4. Responsiones ad novem quesita Nicolai Paxii Maioricenus seu Balearici in arte Lullistarum peritissimi. Paris, Josse Bade, mars 1521. VIII ff.ch., marque d’imprimeur gravée sur bois sur le titre.

Moreau, III, 36 ; Renouard, II, 224.

Édition originale de ce texte de dispute scolastique, structuré sous forme de réponses à neuf questions philosophiques ou théologiques posées par un certain Nicolas Paxius.

« In 1521 Bovelles published a bipartite work, one part of which was entitled Aetatum mundi septem supputatio and dealt with the seven ages of the world and traditional themes revolving around that subject, but which nevertheless offered some penetrating insight into the nature of time and duration; the second part of this work was the Responsiones ad novem quaesita which had been composed in 1514” (Joseph M. Victor, in: Charles Bovelles, an intellectual biography, p. 24).

USTC localise 11 exemplaires (5 en France) mais aucun aux Etats-Unis.

Bon exemplaire, conservé dans sa première reliure, réunissant 4 très rares œuvres de Charles de Bouvelles.

Provenance : Jean Blondelet

Provenance  : Jean Blondelet.