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In-folio (625 x 455 mm) de 1 f.n.ch. titre ornée d’une vignette Bouchardon gravée par Soubeyran, 22 pp de texte avec un bandeau introductif gravé par Rigaud et deux lettrines gravées, et 13 planches gravées (dont 8 à double page). Maroquin rouge, armes de la ville de Paris au centre des plats, roulette dorée encadrant les plats, fleurs de lys dorées dans les angles, dos richement orné de fleurs de lys, roulette intérieure dorée, tranches dorées (reliure de l’époque).
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Cohen-de Ricci, 288.
Unique édition de ce magnifique livre de fête commémorant le mariage de la fille aînée de Louis XV et du second fils de Philippe V d’Espagne, en 1739.
Marie-Louise-Élisabeth de France (1727-1759), dite « Madame Élisabeth » était la fille aînée de Louis XV et Marie Leszczynska. Née et élevée à Versailles, elle épousa à l’âge de douze ans son cousin don Philippe, fils cadet du roi d’Espagne, Philippe V, âgé pour sa part de 19 ans. Leurs noces furent célébrées en deux étapes. D’abord le 25 août à Paris par procuration -en l’absence du jeune homme-, puis trois mois plus tard à Alcala de Henares, non loin de Madrid, une fois que la mariée eut rejoint l’Espagne. Le premier de ces deux mariages fut l’occasion de fêtes spectaculaires dans la capitale française, avec comme points d’orgue un feu d’artifice tiré sur la Seine et un bal à l’Hôtel de Ville.
L’évènement fut célébré sur la Seine entre le Pont-Neuf et le Pont-Royal et c’est le peintre et architecte Florentin Giovanni Niccolò Servandoni qui fut chargé de son organisation. Des constructions éphémères furent imaginées et bâties pour l’occasion : un « temple à la grecque », dédié à l’Hymen, et un grand salon au milieu de la Seine, pour installer les musiciens.
Les festivités débutent l’après-midi du 29 août, avec des joutes navales, entre deux troupes, « chacune composée de 20 jouteurs et de 36 rameurs » (Mercure de France, septembre 1739, p. 2281). « À la première obscurité de la nuit, on vit paraître l’illumination », d’abord au temple d’Hymen, puis sur la terrasse, le long des quais, sur le Pont Neuf et le Pont Royal.
Puis, au signal des canons de la ville, un feu d’artifice fut tiré – d’abord des ponts, puis de dizaines de bateaux et d’emplacements sur les décors. Un bal masqué se tint le lendemain à l’Hôtel de Ville.
Si le Mercure de France, émerveillé, donna une description éblouissante d’une fête « restée dans la mémoire de plus de 500 mille spectateurs », c’est à la demande de Turgot, que cet ouvrage fut publié dans a volonté d’en préserver le souvenir par l’image. Ce dernier commanda à Jean-François Blondel des gravures de très grand format pour commémorer les temps forts des festivités.
Ces remarquables illustrations en taille-douce comprennent notamment une spectaculaire vue générale des décorations au moment des feux d’artifice qui laisse imaginer l’envergure de cette fête comptant parmi les plus importantes du siècle.
Le libraire Le Mercier publia 1400 exemplaires de l’ouvrage, la plupart reliés en veau ou en maroquin aux armes de la Ville de Paris (tel que notre exemplaire) remis aux membres de la famille royale et à des personnalités.
Quelques rousseurs éparses et accroc à la reliure cependant bon exemplaire de ce livre spectaculaire.





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