BERTHIER Alexandre Louis Relation de la bataille de Marengo, gagnée le 25 Prairial an VIII par Napoléon Bonaparte.

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Paris, au dépôt général de la guerre, An XII (1804)

Grand folio (637 x 513 mm) de 3 ff.n.ch. ll., 17pp., 1 p.n.ch., 6 plans. Maroquin rouge à grain long, armoiries de Napoléon au centre des plats encadrées de six roulettes dorées, dos lisse orné de vases antiques et de motifs,  gardes en tabis bleu, tranches dorées (reliure d’époque).

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L’un des 25 exemplaires de présent imprimés sur très grand papier

Édition originale. Somptueux exemplaire de présent, imprimé sur grand papier vélin en très grand format in-folio et relié en maroquin décoré des armoiries impériales, de ce célèbre ouvrage consacré à l’une des grandes victoires des campagnes d’Italie.

À l’instar des Tableaux historiques des campagnes d’Italie, dont elle est en quelque sorte le complément, cette Relation de la bataille de Marengo est l’un des tout premiers monuments littéraires ou artistiques commandés par Napoléon pour asseoir son pouvoir et forger sa légende.

Sa rédaction, commencée à la fin de la guerre, fut confiée au fidèle Berthier, chef d’état-major de l’armée d’Italie et compagnon indispensable du futur empereur. Après un bref éloge de la première campagne et de l’expédition d’Égypte, Berthier décrit en détail le déroulement de cette bataille décisive, mais longue et incertaine, attribuant tout le mérite de la victoire à l’habileté de Bonaparte.

On sait que l’armée française, contrainte de battre en retraite face aux forces autrichiennes supérieures, fut sauvée in extremis par l’arrivée providentielle du corps de réserve de Desaix, qui fut tué au combat. Si l’on en croit Berthier, cette retraite n’était en réalité qu’un piège astucieux tendu par le Premier Consul pour inciter l’ennemi à se dévoiler et mieux l’encercler grâce au retour planifié et calculé de Desaix. Justifiée ou non, cette version a contribué à renforcer l’image de Bonaparte comme invincible et indispensable à la patrie. Son pouvoir, encore fragile à l’époque, s’est définitivement consolidé, et la victoire de Marengo, magnifiée par Berthier, a non seulement donné à la France le contrôle définitif du nord de l’Italie, mais a également ouvert la voie au couronnement.

Datée de 1804 (an XII) sur la page de titre, l’ouvrage ne fut publié que l’année suivante et présenté à Napoléon « sur le champ de Marengo, le 25 prairial [14 juin] an 13, jour anniversaire de la bataille », comme l’indique la dédicace de Berthier à l’Empereur. Il a fallu près de cinq ans pour le terminer, le texte changeant, comme dans les Tableaux, au fur et à mesure que le statut du héros évoluait.

Le volume est superbement illustré d’une carte générale de la campagne en deux versions, l’une entièrement en couleur, l’autre en noir, et de quatre planches en double page décrivant la bataille dans ses différentes phases, avec des surlignages en couleur retraçant les mouvements des troupes. Toutes les pages sont présentées dans un cadre étoilé.

Confiée à l’Imprimerie impériale, cette édition fut publiée simultanément en format in-quarto, pour les fonctionnaires et les personnalités influentes, et en format in-octavo pour une large diffusion dans les provinces.

Un petit nombre d’exemplaires furent également imprimés sur papier vélin en très grand format in-folio (25 selon Brunet), des exemplaires de luxe comme celui-ci, destinés à être offerts en cadeau à certains dignitaires de l’État. Ces exemplaires somptueux, aujourd’hui très rares, étaient pour la plupart reliés en maroquin rouge (vert pour celui de Malmaison) et décorés de manière identique, probablement par Bizouard, l’un des relieurs personnels préférés de Napoléon (cf. Culot. Le décor néo-classique des reliures françaises du Directoire, du Consulat et de l’Empire).

Cet exemplaire fut offert à Joseph Marie Portalis (1778-1858), dont l’ex-libris armorié figure à l’intérieur de la couverture. Alors jeune maître des requêtes au Conseil d’État, Portalis, qui fut fait comte d’Empire en 1809, était le fils du célèbre juriste Jean-Étienne Marie Portalis, l’un des rédacteurs du Code civil. L’Empereur, qui appréciait beaucoup son père, le comble de faveurs avant de le disgracier en 1811. De retour à la cour en 1813, il mène une brillante carrière comme premier président de la Cour de cassation, occupe pendant quelque temps le poste de garde des sceaux, puis celui de ministre des Affaires étrangères pendant la Restauration, et termine sa carrière comme sénateur sous le Second Empire.

Également provenant des bibliothèques d’Édouard Rahir (I, 1931, n° 31) et de Cortland Bishop (absent des catalogues), avec ex-libris. Superbe exemplaire, en très bon état.

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