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GENNES Pierre de Mémoire pour le Sieur Dupleix contre la Compagnie des Indes avec les pièces justificatives. (Suivi de) Pièces justificatives des faits contenus au mémoire.

VENDU

Paris, Le Prieur, 1759

In-4 (293 x 214 mm) de 2 ff.n.ch., 294 pp., 1 f.n.ch., 124 pp. Veau fauve marbré, triple filet à froid encadrant les plats, dos à nerfs orné, pièce de titre rouge, double filet doré sur coupes, tranches rouges (reliure de l’époque).

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1200,00 

1 en stock

Rothschild, 2295 ; Barbier, Suppl. 161.

Édition originale de cette importante déclaration rédigée pour soutenir l’action en justice entreprise par Dupleix contre la Compagnie des Indes orientales.

Joseph-François Dupleix (1697-1763) fut nommé gouverneur général des Établissements français des Indes en 1742. Il réussit à défendre les intérêts de la Compagnie tout en se bâtissant une grande fortune. Sa vision d’un grand empire en Asie et d’une grande prospérité pour la Compagnie fut menacée par les Anglais, inquiets du génie stratégique de Dupleix. Rappelé en France en 1754, congédié par les administrateurs de la Compagnie des Indes effrayés par les conséquences de sa politique, notamment sur les relations franco-britanniques, Dupleix doit se débattre dans des conditions financières difficiles pour obtenir le remboursement des sommes qu’il a personnellement immobilisées dans les affaires indiennes. Rappelé en France, il intenta un procès à la Compagnie des Indes orientales car ” il avait avancé au comptoir de Pondichéry près de treize millions, tant de son argent que de ses amis : toute sa fortune était là […] On l’accusait de dilapidation ; et il répondait non pas en disant, mais en prouvant qu’il avait augmenté de sept millions les affaires annuelles de la Compagnie […]. “.

” Dupleix, victime de l’incurie de Louis XV et de ses ministres, fut sacrifié aux Anglais et rappelé en France alors qu’il tentait de doter son pays de l’Empire des Indes (1754). Dépossédé de son commandement, il tenta d’échapper à une ruine complète en réclamant à la Compagnie des Indes orientales une somme de treize millions qu’il avait payée pour elle. Les directeurs de la Compagnie répondirent en comptant les guerres inutiles et dangereuses, disaient-ils, que Dupleix avait entreprises sous leur direction. Ils parvinrent ainsi à lui constituer un solde débiteur. Dupleix mourut dans le besoin le 10 novembre 1763. Il fallut qu’un siècle entier s’écoulât pour que la postérité lui rendît justice. “(Picot, Catalogue Rothschild).

La présente déclaration, rédigée par Pierre de Gennes pour appuyer son action en justice contre la Compagnie, est un document précis de premier ordre qui permet de comprendre la complexité de l’administration coloniale dans l’Inde du XVIIIe siècle. Des traductions de lettres ainsi que des copies de documents sont incluses afin d’attester la dette de la Compagnie mais aussi ” les services importants, constamment rendus à l’Etat par le sieur Dupleix avec un zèle incomparable qui ne s’est jamais démenti depuis 40 ans. ” (p. 290).

” Pierre de Gennes est un jurisconsulte français né à Chartres en 1701 et mort à Paris en 1759. Il s’est fait connaître par un grand nombre de rapports à consulter qui sont remarquables par la clarté de l’exposé et la solidité de l’argumentation. Si l’on n’y trouve pas ces traits brûlants et pathétiques qui impressionnent fortement, et qui relèvent au contraire de la plaidoirie, on y reconnaît une grande habileté à saisir toutes les données d’une affaire et à les présenter sous le meilleur jour possible. Ces rapports seraient les modèles parfaits du genre judiciaire, si les familiarités de langage ne défiguraient pas souvent la diction de l’auteur, généralement aisée, naturelle et appropriée au sujet. Son Mémoire pour le sieur Dupleix, 1759, 4to, a été très utilisé dans le Supplément de l’Histoire des Voyages ” (Biographie générale, 20, 924-925).

“Cette déclaration est très intéressante pour l’histoire des Indes orientales françaises puisque M. Dupleix y a été commandant et gouverneur pendant 16 ans, et qu’il y est allé dès sa jeunesse. Son rapport a 194 pages, et les pièces justificatives 124. On lui a opposé les Mémoires de la Compagnie des Indes & de M. Godeheu, mais ils ne contiennent aucun fait historique différent. Mémoire pour le sieur Dupleix a été largement utilisé dans le Supplément de l’Histoire des Voyages“. (J. Lelong, Bibliothèque historique de la France, III, p. 670, n°39807).

Dupleix mourut dans l’indigence et la quasi-obscurité le 10 novembre 1763, dans l’attente de compensations financières de la Compagnie.

Divisé en deux grandes parties, la première contient le Mémoire, la seconde avec toutes les pièces justificatives.

Très bon exemplaire de cette rare édition.

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