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Petit in-folio oblong (312 x 233 mm) contenant 12 aquatintes rehaussées de couleurs. Maroquin rouge, filets alternés dorés et noirs sur les plats, dos lisse, titre en long, roulette intérieure, plat supérieur conservé (L. Berger & Filho – Rio).
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Borba de Moraes, II, 839 ; Palau (pour une édition datée de 1839) ; Manquant à Abbey.
Magnifique album de vues de Rio de Janeiro, coloré à l’époque.
Le Brésil exerçait un immense attrait sur les artistes du XIXe siècle, et les nombreux albums illustrés et livres de voyage qui immortalisent les paysages lumineux, les aspects insolites d’une société en constante évolution et les coutumes populaires témoignent de cet intérêt. Parmi ces recueils qui ont fait découvrir le Brésil à l’Europe, ce précieux album est l’un des plus beaux exemples.
On dispose de très peu d’informations sur Johann Jacob Steinmann (1800–1844), lithographe et dessinateur suisse, considéré comme le pionnier de la lithographie au sein des institutions officielles de Rio de Janeiro. Engagé par les Archives militaires, il arriva au Brésil en octobre 1825, accompagné de sa femme et de sa fille, débarquant du brigantin Cecília, qui avait pris la mer depuis la France. Son arrivée au Brésil résultait d’accords conclus avec le représentant du gouvernement brésilien à Paris, qui l’avait engagé pour se consacrer à l’art de la lithographie à Rio de Janeiro en tant que « lithographe de l’Empereur », c’est-à-dire lithographe officiel, sous la supervision des Archives et de l’Académie militaire.
Steinmann avait commencé ses études en 1821, en intégrant l’atelier lithographique d’Engelmann à Mulhouse, en Alsace. Il perfectionna ensuite ses compétences auprès d’Alois Senefelder, l’inventeur de la lithographie, qui était basé à Paris, où le chargé d’affaires brésilien le rencontra. Il emporta avec lui tout le matériel nécessaire pour enseigner l’art de la lithographie au Brésil. Tout en travaillant pour Seignot-Plancher, la maison d’édition parisienne établie à Rio de Janeiro, et pour l’Imprimerie impériale, Steinmann exerça également une activité indépendante, en utilisant les installations, les presses et les apprentis mis à sa disposition par le gouvernement.
Ce magnifique album, intitulé Souvenirs de Rio de Janeiro, se compose de douze aquarelles, présentées sur des feuilles séparées montées sur papier épais, dont la bordure lithographiée comporte, au milieu d’arabesques et de motifs ornementaux d’inspiration naturaliste, de petites scènes de coutumes brésiliennes entremêlées à une profusion méticuleuse de feuillages et de fruits tropicaux. La page de titre comporte, à l’intérieur du cadre, deux colonnes de motifs de plantes tropicales, encadrant des scènes typiquement brésiliennes
Cette série a été réalisée à partir de dessins de divers artistes qui ont séjourné au Brésil entre 1825 et 1833. Les 12 aquatintes, rehaussées d’aquarelles et de gomme arabique, mesurent 161 mm x 126 mm et sont intitulées :
1-Caminho dos orgaõs, dessin de Steinmann
2-Vista tomada de Sta Thereza, dessin de Kretschmer
3-Largo Do Paço, dessin de Victor Barat
4-Vista Do Sacco d’Alferès & de St Cristovao, dessin de Steinmann
5-Vista de N.S.Da Gloria et Da Barra do Rio de Janeiro, dessin de Kretschmer
6-Moro do Castello & Da Praya d’Ajuda, dessin de Steinmann
7-Bota Fogo, dessin de Steinmann
8-Novo Friburgo (colonie suisse, Ao Morro Queimado), dessin de Steinmann
9-St Joao De Carahy, A praya grande, dessin de Steinmann
10-Igreja de St Sebastiaõ, dessin de Steinmann
11-Plantaçaõ de Café, dessin de Steinmann
12-Ilha das Cobras, dessin de Steinmann
La question de l’édition semble difficile à trancher ; bien qu’il semble qu’une édition soit parue dès 1835 à Bâle, Borba de Moraes souligne néanmoins que Rittner et Goupil ont peut-être été les dépositaires de l’album et que “All bookdealers who bought it could print their names on the cover where a space had been left blank for that purpose […] Many copies bear a date on the cover. I have seen copies dated 1835, and one with the title ‘Souvenirs de Rio de Janeiro dessinés d’après nature & publiés par J. Steinmann à Naples. Chez Rittner & Goupil à Paris, & Birman & Fils à Basle, 1834.’ I have also seen copies dated from 1834 to 1839 and a copy in which the number 6 has been cut out and ingeniously turned upside down to alter the date to 1839. Finally, undated copies also exist. These facts lead me to believe that the albums were distributed without a date and that the bookdealers dated, bound, and perhaps even coloured them.”
Toutes les pages portent un tampon embossé « J.P. ».
La couverture présente quelques taches et des traces d’anciennes réparations, mais il s’agit néanmoins d’un magnifique exemplaire de cet album remarquable, qui se distingue non seulement par la beauté de ses illustrations, mais aussi parce qu’il constitue un document incontournable sur Rio de Janeiro dans la première moitié du XIXe siècle.
Provenance : Pimenta Camargo (ex-libris) – Bonchristiano (ex-libris).





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