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In-12 (164 x 90 mm) de 8 ff.n.ch., 448 pp., 2 ff.n.ch. Maroquin rouge, dos à nerfs finement orné, triple filet doré encadrant les plats avec armes dorées au centre, coupes décorées, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrures (reliure de l’époque).
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Alden & Landis, 689/152 ; Sabin 67983 ; Bourgeois et André, Les Sources de l’histoire de France, I, n° 586 ; Leclerc, Bibliotheca americana, n° 487 : “Cette relation, qui est insérée toute entière dans le troisième volume de l’histoire des flibustiers, est la meilleure relation de toutes celles qui sont entrées dans cet ouvrage.” ; Hill, 1423 : “He details both the romantic and bleak sides of the buccaneering profession, interwoven with colorful descriptions of the natives of the region and a clear picture of the Spanish colonies on the Pacific.”
Édition originale du seul livre publié par Ravenau de Lussan. Exceptionnel exemplaire, relié en maroquin rouge aux armes du roi Louis XIV.
Les aventures d’un flibustier en Amérique
Les récits de la flibuste enflammèrent les imaginations, créant le mythe de pirates certes sanguinaires, mais courageux et séduisants. Les premiers récits furent ceux d’Œxmelin en 1686, mais ils étaient très romancés. Trois ans plus tard, Raveneau de Lussan fit paraître son journal dans lequel il relatait sans fard ni fausse pudeur l’expédition malheureuse qui le mena, plus de deux ans, de Guayaquil jusqu’à la côte atlantique de l’Amérique centrale.
Jeune homme bien né, militaire et Parisien, Raveneau de Lussan fut pris, à 22 ans du désir irrépressible de voyager ; il s’embarqua à Dieppe en 1679 pour Saint-Domingue, où il resta trois années durant. Là, il contracta tant de dettes que, pressé de les honorer, il se joignit à une bande de flibustiers. Partis le 22 novembre 1684, ils ne rentrèrent qu’au mois de février 1686, après une retraite particulièrement pénible à travers l’Amérique centrale.
“L’auteur raconte les péripéties de cette entreprise, les pilleries et les violences qui furent commises. (…) [Son] livre est presque entièrement composé de récits de combats. L’auteur fait preuve d’un sang-froid et d’une sécheresse de cœur extraordinaires : très précis, il ne dissimule aucun méfait et reste insensible devant les cruautés qui sont commises. Son livre présente une peinture réaliste de la vie des flibustiers” (Bourgeois et André, Les Sources de l’histoire de France, I, n° 586).
Il faut se figurer l’enthousiasme des lecteurs pour ces aventures exotiques. Comme l’écrit Larousse, indigné : “Ils couvraient leurs crimes d’un éclat d’intrépidité incomparable, jouaient leur vie comme leur or, élevaient le brigandage, s’il était possible, à la hauteur de l’héroïsme.”
Daniel Defoe a puisé dans le Journal de Raveneau de Lussan l’argument de Robinson Crusoe.
Gilbert Chinard a relevé la parenté enter les deux ouvrages : “Defoe, écrit-il, me paraît s’être manifestement inspiré des Aventures de Raveneau de Lussan, au moins pour la première partie de son roman. En tout cas, on ne saurait rien voir de particulièrement anglais dans ce désir irrésistible de s’enfuir loin de la maison paternelle et de voyager qui s’empare du jeune Crusoe” (L’Amérique et le rêve exotique, p. 249).
Magnifique exemplaire, relié en maroquin décoré aux armes du roi Louis XIV.
Provenance intéressante pour ce récit des aventures de la flibuste car le roi Louis XIV n’est pas étranger à la prospérité, puis au déclin, de l’organisation des frères de la côte. En effet, sur ordre royal, la France accordait aux flibustiers sa protection tacite favorisant même parfois leurs expéditions ; en guerre avec l’Espagne, le roi voyait alors d’un bon œil les boucaniers rançonnant et agressant les galions espagnols et déstabilisant l’empire colonial ibérique. Huit ans après la parution du Journal de Raveneau de Lussan, Louis XIV fit appel aux flibustiers pour qu’ils se joignent à la marine royale française en vue d’une expédition contre Carthagène. Le contrat prévoyait de leur laisser un tiers du butin, les officiers flibustiers devant être traités comme les officiers de la marine royale… Cependant, inquiet de la trop grande puissance de ses douteux alliés, Louis XIV ordonna qu’on les trahisse une fois le coup de main réalisé ; semant la zizanie dans les rangs des pirates, la manœuvre du roi devait être fatale à l’organisation des flibustiers.
Provenance : Edouard Rahir, (vente IV, n° 1152) ; Jean A. Bonna (avec leurs ex-libris).
Rares piqûres, défaut de papier aux pp. 123/124 sans manque de texte.
Provenance: Edouard Rahir (ex-libris, sa vente, Paris 5-7 mai 1936, lot 1152) – Pierre Berès (catalogue 64 / 266) – Jean A. Bonna (ex-libris).





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